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10 septembre 2019

Portes ouvertes de l’UPA

La ferme D. Aumond accueille une région entière

Le 8 septembre dernier se tenaient, à la grandeur du Québec, les portes ouvertes de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Les gens étaient au rendez-vous chez Adriane Charbonneau Cyr et Daniel Aumond, alors qu’ils étaient la seule ferme participante dans les Hautes-Laurentides et qu’on n’en trouvait aucune dans la Vallée-de-la-Gatineau.

Les agriculteurs Adriane Charbonneau Cyr et Daniel Aumond en compagnie de leur poupon dans leur étable d’une quarantaine de vaches en lactation (photo: Renaud Giraldeau – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Les agriculteurs Adriane Charbonneau Cyr et Daniel Aumond en compagnie de leur poupon dans leur étable d’une quarantaine de vaches en lactation (photo: Renaud Giraldeau – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Michel Genest, président de l’UPA de la Lièvre, explique que les producteurs essaient de concentrer les activités des portes ouvertes à un endroit et d’aider les producteurs qui reçoivent afin de faire un plus gros évènement.

Il était d’ailleurs très fier de Daniel Aumond et Adriane Charbonneau Cyr : « C’est extraordinaire ce qu’ils ont fait comme accueil aujourd’hui », a-t-il déclaré. Il croit que la population peut mieux comprendre le vécu des agriculteurs en venant les visiter à la ferme.

Pour l’hôte Adriane Charbonneau Cyr, la journée portes ouvertes est une bonne occasion pour les enfants et les plus grands d’entrer en contact avec le travail des agriculteurs afin de comprendre leur réalité : « Une journée c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faudrait qu’on en fasse plus pour que les gens comprennent tout le travail qu’il y a derrière ce qu’ils mangent ».

Elle croit que la population perd le contact avec la réalité agricole et c’est en partie ce qui l’a motivée à devenir agricultrice elle-même.

Une jeune relève

Daniel Aumond et Adrianne Charbonneau Cyr font partie de la jeune relève agricole. Propriétaire depuis 2013, Daniel Aumond a abandonné une carrière en boucherie et quitté Maniwaki pour venir s’installer sur le chemin de Ferme-Rouge. Il a dû affronter toutes les difficultés d’une reprise de ferme sans lien familial : « C’est une énorme pression financière au départ, beaucoup de capital. Après cinq ans à faire nos preuves ça va mieux, on commence à avoir plus d’aide, mais au départ c’était très difficile ».

C’est que les incitatifs pour reprendre les fermes lorsque les nouveaux agriculteurs sont non apparentés sont pratiquement inexistants, même si la volonté est de garder l’échelle familiale de la ferme. La profession rebute plusieurs, en raison de l’engagement que certains voient comme une prison selon Adriane, pour qui c’est plutôt un mode de vie : « Oui c’est du travail chaque jour. Mais on voit tout de suite le fruit de notre labeur. C’est un choix de vie très familiale, avec des responsabilités, mais aussi beaucoup de liberté ».

L’aide des proches et du voisinage est très sentie, notamment lorsque Daniel s’est blessé, il a reçu de l’aide pour modifier son système de traie afin de le placer sur des rails permettant ainsi à Adriane et lui de ne plus avoir à soulever les trayons. Ils ont même installé un porte-bébé sur le rail, qui leur permet de faire le train quotidien en compagnie de leur poupon.

« Qui peut se vanter de travailler comme ça avec son bébé? On est très bien ici », déclare Adriane avec un large sourire.

Problème d’intimidation?

Récemment, certains agriculteurs se sont plaints d’être visés par de la cyberintimidation d’activistes véganes. Un phénomène qui ne touche pas encore les membres de l’UPA de la Lièvre selon Michel Genest : « C’est très minime chez nos membres. C’est sûr qu’il y a certaines discussions, mais on réussit encore à faire comprendre que nos agriculteurs ont à cœur le bien-être de leurs animaux ».

Il ajoute qu’il faut être proactif afin de montrer les fermes à échelle humaine présentes dans la grande région d’Outaouais-Laurentides. Une mission accomplie pour Adriane et Daniel avec cette journée portes ouvertes réussie.

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