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11 septembre 2019

Inondation sur la route 311 Sud

Un couple de la région vraiment découragé

« Mon conjoint et moi ne savons plus du tout qui contacter. On a l’impression que tout le monde se lance la balle pour ne pas nous aider », a affirmé Stéphanie Villeneuve lorsqu’elle a contacté Le Courant pour parler de l’inondation vécue par sa famille en avril dernier et pour tenter d’avoir de l’aide.

Kathleen Godmer , journaliste

La famille Villeneuve – St-Arnaud affirme avoir perdu pour plus de 10 000$ de biens dans l’inondation (photo : gracieuseté - Stéphanie Villeneuve).
La famille Villeneuve – St-Arnaud affirme avoir perdu pour plus de 10 000$ de biens dans l’inondation (photo : gracieuseté - Stéphanie Villeneuve).

En effet, le 23 avril dernier lorsqu’elle est arrivée à la maison, la famille St-Arnaud–Villeneuve a eu la mauvaise surprise de constater que son sous-sol était inondé par plusieurs pieds d’eau. Après un appel aux services d’urgence, les pompiers se déplacent pour constater la situation et exigent l’évacuation des lieux. L’électricité est coupée et l’endroit considéré comme inhabitable.

« La Municipalité nous a fait coucher dans un motel avec les trois enfants, dont le plus jeune avait trois mois à ce moment. Le lendemain on s’est trouvé une roulotte parce que personne ne nous avait rappelés pour nous aider », a mentionné Mme Villeneuve.

La Municipalité leur a conseillé de communiquer avec la Sécurité publique, chose qui a été faite rapidement. « J’ai rempli un paquet de documents avec preuves photo et pas de nouvelles. Après le sinistre, aucun appel, on a été laissé à nous-mêmes. J’ai appelé encore une fois la Sécurité publique et eux de me répondre qu’ils ne savaient plus s’ils allaient nous aider puisqu’on était les seuls à avoir fait une réclamation. On s’est fait dire que c’est presque impossible qu’on ait été inondé. Bref, c’est comme si on avait fait exprès », a raconté Mme Villeneuve.

Désemparée et en colère, la mère de famille a poursuivi en disant : « le gouvernement se fout qu’on ait perdu pour plus de 10 000$ de biens. M. Legault se vante qu’il aide les sinistrés, nous, on n’a rien eu et il faut se débrouiller. La maison est inhabitable et aujourd’hui on a perdu presque tout ce qu’on avait acquis pendant des années ».

« Pourquoi nous sommes obligés de nous battre comme ça ? »

Le 29 juin, la famille a été contactée par un agent de la sécurité publique leur confirmant le montant qu’elle était censée recevoir dans la semaine du 1er juillet : 12 700$. Le matin du 3 juillet, une autre communication l’informe que, finalement, elle ne recevra rien. La famille est découragée.

« Ils disent que parce qu’on n’a pas été inondé par la rivière, ils ne veulent pas couvrir. Voyons, jouer avec les gens comme ça, pensez-vous qu’on a du plaisir dans cette histoire-là ? Il y a eu jusqu’à sept pieds d’eau. On était locataire sur la route 311 Sud. Le propriétaire ne s’est même pas déplacé pour venir constater les dégâts. On n’a vu personne de la sécurité publique venir voir ou nous rencontrer. Pourquoi nous sommes obligés de nous battre comme ? Ça n’a pas de sens », a confié Mme Villeneuve.

La Municipalité affirme avoir fait le maximum

Du côté de la Municipalité de Lac-des-Écorces, Linda Fortier, directrice générale, qui n’était pas en poste au moment de l’événement, a demandé un suivi à la directrice générale adjointe et au directeur du service incendie afin d’éclaircir cette histoire.

« Le 23 avril dernier, quand ces événements-là sont survenus, ce sont deux pompiers d’ici qui se sont présentés à la résidence de Mme Villeneuve et M. St-Arnaud. Ils ont effectivement demandé au couple de quitter la résidence. Il fallait les relocaliser. Au niveau de la Municipalité, on les a relocalisés à l’hôtel et par la suite, M. St-Arnaud nous a avisés que son employeur lui prêtait une roulotte. Ils ne sont donc restés qu’un seul soir au Motel des Écorces. Nous les avons dirigés vers le ministère de la Sécurité publique parce que s’ils avaient des réclamations à faire, c’est la responsabilité du citoyen de remplir le formulaire et de le faire parvenir au ministère. Ce que j’en comprends, c’est qu’ils ont effectivement envoyé leur demande, mais là, malheureusement, nous, on ne peut pas faire grand-chose de plus. Ce programme d’aide financière est géré par le ministère de la Sécurité publique et il ne nous fait pas de suivi à savoir s’il compensera ou non. On est donc incapable de dire pourquoi le ministère leur a d’abord dit qu’ils auraient de l’aide financière pour ensuite faire volteface. J’aimerais ça avoir la réponse, mais je ne l’ai point. Les dossiers sont traités de façon confidentielle, donc ce ne sont pas des informations qui nous sont transmises. Ce qu’on en sait, ce que la Sécurité publique nous a dit, c’est qu’eux indemnisent seulement les biens personnels dans le cas de locataires, mais de quelle façon ce sera traité, on ne sait pas. On voit aussi au dossier que quelques jours plus tard, nous avons reçu l’information que le propriétaire de l’immeuble avait déclaré faillite. C’est un peu nébuleux. Lui-même n’était pas en mesure de confirmer ou d’infirmer s’il y avait déjà eu ce genre de problème. Ce qu’on a aussi comme information de la part de notre service incendie, c’est que c’est vraiment un problème de regorgement de la nappe phréatique et non d’inondation comme celles que plusieurs ont vécu au printemps. Je trouve tout ça très malheureux pour cette petite famille. Nous, on a fait notre maximum, mais on ne peut pas parler pour le ministère » a expliqué la directrice générale.

« Il y a eu confusion », précise la députée

Informée de la situation, la députée Chantale Jeannotte s’est empressée de faire des vérifications auprès du cabinet ministériel et selon ses dires, il y aurait eu confusion dans cette histoire.

« Il y a eu une petite confusion. Ils étaient locataires. Probablement que ce point n’était pas clair pour le fonctionnaire qui a discuté avec madame lors de son signalement d’inondation. C’est probablement aussi pour ça qu’il lui a dit qu’elle recevrait telle ou telle somme et de l’aide. Il faut comprendre que lui, il y va de bonne foi, selon ce qu’il entend. Par la suite, les faits ont démontré qu’il ne s’agit pas d’une inondation, mais d’une infiltration par la nappe phréatique et ça a été confirmé par le propriétaire. C’est vraiment dommage cette confusion. Lorsque la dame s’est adressée au ministère, peut-être qu’il manquait des informations ou qu’elles n’étaient pas conformes aux faits », a-t-elle expliqué.

Le Courant a aussi tenté de rejoindre le ministère qui s’en est remis à la députée.

Au moment d’écrire ces lignes, Mme Villeneuve venait de recevoir une lettre de la Sécurité publique qui semblait donner suite aux démarches entreprises.

« Ils disent que parce qu’on n’a pas été inondé par la rivière, ils ne veulent pas couvrir. Voyons, jouer avec les gens comme ça, pensez-vous qu’on a du plaisir dans cette histoire-là? »

– Stéphanie Villeneuve

Pendant l’inondation du 23 avril dernier, le sous-sol de la famille a vu grimper l’eau jusqu’à sept pieds de hauteur et faire beaucoup de dégâts (photo : gracieuseté - Stéphanie Villeneuve).

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Kathleen Godmer , journaliste

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