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9 octobre 2019

Élections fédérales 2019

Le chef du Bloc Québécois s’arrête à Mont-Laurier pour une troisième fois

En route pour l’Abitibi, le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, a fait un nouvel arrêt à Mont-Laurier le 4 octobre dernier. Il y tenait, afin de rencontrer la population et rappeler à tous à quel point la candidate Marie-Hélène Gaudreau était importante pour le parti. Le Courant en a profité pour lui poser quelques questions.

Kathleen Godmer , journaliste

Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois (photo : Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois (photo : Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le 22 octobre prochain, il y aura un parti au pouvoir à Ottawa : ce sera soit le parti libéral de Justin Trudeau, soit le parti conservateur d’Andrew Scheer. Vous, vous souhaitez que ce soit qui?

En fait, je ne souhaite pas voir un parti ou un autre parti. Je souhaite voir des propositions, des idées et des projets. Le système a eu le défaut de toujours être axé sur les partis, sur les personnalités, sur le culte de l’un ou de l’autre. Vous mettez des projets sur la table, vous déposez des lois, on va discuter des motions. S’ils ne mettent pas de projets sur la table, nous autres on va en mettre. On va toujours voter pour ce qui est bon pour Laurentides-Labelle et pour le Québec. On va toujours se battre contre ce qui est mauvais pour Laurentides-Labelle et le Québec. La vérité, c’est qu’en général, on se retrouve en train de négocier et d’arracher des avantages pour le Québec à des gens, on l’a vu au débat, qui ne comprennent à peu près pas. Eux, dans le meilleur des cas, ils tolèrent notre langue, notre laïcité, notre nation, mais il faudrait comme leur demander leur permission. Ce n’est pas dans le tempérament des gens du coin ici de demander la permission, c’est plus leur tempérament de dire « voici ce qu’on vit, voici ce qu’on va faire et si vous ne nous le donnez pas, on va le prendre ».

Ne pensez-vous pas qu’en enlevant un comté aux libéraux, le Bloc, au lieu de favoriser les intérêts des Québécois, va favoriser la victoire des conservateurs?

À partir du moment où le Bloc va ramasser un nombre important de députés, et ça, ça ne m’appartient pas, ça appartient aux électeurs, les Canadiens feront leurs choix entre eux. S’il fallait s’abstenir de présenter des candidats parce que tel ou tel ambitieux peureux fait des spéculations sur ce que ça va donner le mercredi après-midi, avec trois députés libéraux… S’il n’en tient qu’à moi, les députés libéraux, on va tous les enlever. S’il n’en tient qu’à moi, battre les libéraux, c’est nous.

Johanne Deschamps a occupé le siège de députée de Laurentides-Labelle de 2004 à 2011 sous les couleurs du Bloc. Quels résultats concrets a-t-elle laissés au comté?

Là, vous êtes dans le trop précis pour quelqu’un qui est chef du parti depuis un an. Je suis convaincu, pour connaître Mme Deschamps, que la circonscription a été extrêmement bien représentée. Je connais son dynamisme et son inspiration. Je connais encore beaucoup mieux ceux de Marie-Hélène, qui est une des premières recrues que j’ai voulu absolument avoir dans notre équipe. Je laisserai Marie-Hélène ou Mme Deschamps parler elles-mêmes de leurs propres réalisations. Dans le cas contraire, ça me ferait beaucoup de réalisations, dans beaucoup de comtés, mon petit carnet mental finirait par déborder.

Indépendamment de la partisanerie, plusieurs de nos sources ont salué l’excellent travail accompli depuis quatre ans par David Graham, qui connaît bien la machine fédérale. Comment une députée bloquiste sans expérience va pouvoir ramener un bilan aussi reluisant dans quatre ans?

Quelle était l’expérience de M. Graham quand il a été élu? En avait-il plus que Marie-Hélène? Est qu’il avait eu l’engagement de Marie-Hélène dans la communauté? Femme d’affaires, impliquée dans le milieu communautaire, expérience dans un cabinet politique (applaudissements des gens présents, ndlr), vraiment, tous les arguments qu’il y a là-dedans, travaillent tous et militent tous pour Marie-Hélène Gaudreau. C’est une mode, c’est sympathique de dire « ah les méchants partis politiques », mais les partis politiques c’est quoi? C’est un ensemble de personnes qui ont en commun des idées et qui disent « si vous votez pour ces gens-là, voici le programme qu’on va mettre de l’avant ». Il y a une énorme différence entre M. Graham et Mme Gaudreau. Regardez le programme des libéraux, regardez le bilan des libéraux et demandez-vous si vous voulez quelqu’un qui va travailler pour ou contre les intérêts du Québec indépendamment de la livraison de chèques avec un drapeau du Canada sur le coin du chèque et qui a été donné par le cabinet du premier ministre en disant « Va faire campagne ».

Vous leur promettez quoi comme gains concrets aux électeurs des Hautes-Laurentides, qui sont parmi les plus pauvres au Québec? On a eu un député fédéral qui, en l’espace de seulement quatre ans, a ramené 13 M$ d’Ottawa pour brancher la MRC d’Antoine-Labelle à Internet haute vitesse; soit un moteur déterminant pour le développement socioéconomique du territoire. Marie-Hélène Gaudreau, elle va faire quoi pour battre ça?

Le 13 M$ d’Ottawa, il vient des poches des gens du comté. Cette espèce d’habitude tordue, malhonnête, ce n’est pas le propre dans le comté ici, c’est partout où il y a des députés libéraux, d’arriver avec des chèques en ayant l’air de dire « regardez l’opération du Saint-Esprit, j’ai inventé de l’argent pour vous ». Non, non, non, vous avez payé des impôts, Marie-Hélène en a payé et moi aussi et c’est ça qui revient. Quand on dit « Voici tant d’argent pour tel projet » et en particulier en matière de branchement d’Internet à haute vitesse… Il n’y a personne qui s’est posé de question quand il a fallu faire l’électrification. « Vous autres vous avez le téléphone et vous autres on se reparlera dans 20 ans ». L’Internet haute vitesse est pour la formation des jeunes, pour l’information, la circulation de l’information, pour la compétitivité des entreprises, c’est pour la rapidité, l’efficacité, les services de santé, les services d’éducation, c’est fondamental. Si tu es capable d’avoir quatre milliards pour aller faire couler du pétrole sale dans l’Ouest, que tu l’as pris dans les poches des Québécois, l’argent qu’on a besoin pour Internet haute vitesse, sans oublier que c’est encore notre argent, peux-tu nous l’envoyer? On va se brancher pas mal plus vite que 2030.

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Kathleen Godmer , journaliste

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