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26 novembre 2019

Ariane Moffatt

Un spectacle qui passe de l’introspection à l’envie de danser

Le 30 novembre prochain, Ariane Moffatt sera de passage à l’Espace Théâtre pour présenter son spectacle intitulé « Petites mains précieuses ». Ce sera l’occasion de se laisser transporter dans un univers où se côtoient esprit néo-seventies, introspection et groove. L'info s’est entretenue avec elle pour découvrir de quoi il retourne.

Kathleen Godmer , journaliste

Avec son spectacle « Petites mains précieuses » qui sera présenté à l’Espace Théâtre le 30 novembre prochain, Ariane Moffatt offrira aux spectateurs un tout nouvel univers où on retrouve bien sûr sa signature si particulière.
Avec son spectacle « Petites mains précieuses » qui sera présenté à l’Espace Théâtre le 30 novembre prochain, Ariane Moffatt offrira aux spectateurs un tout nouvel univers où on retrouve bien sûr sa signature si particulière.
© Photo William Arcand – gracieuseté Projet Caravelle

À quoi peut s’attendre le public qui assistera à votre spectacle?

Les gens peuvent s’attendre à un show qui est rodé. L’album est sorti il y a un an. On est quatre sur scène et c’est très axé sur le dernier album même si je revisite aussi des chansons plus connues des autres albums. On est dans une atmosphère un peu néo soixante-dix, disco, R&B, funk. Ce sera autant dansant qu’introspectif, un peu comme j’ai l’habitude de présenter des spectacles.

Parlez-nous de « Petites mains précieuses » et de ce qui différencie cet album de vos précédents?

À chaque album, j’essaie d’aller dans des territoires que je n’ai pas visités avant au niveau de l’esthétique, mais dans ma façon de composer des chansons, c’est sûr que j’ai ma signature qui revient. J’ai été assez happée par l’inspiration très rapidement après avoir accouché de mon bébé George, notre troisième garçon. Ça a été assez bousculé son arrivée prématurée et j’ai vécu des belles montagnes russes d’émotions. On dirait que ça m’a fragilisée au point de me donner envie d’écrire malgré moi. C’est l’écriture de chansons qui est venue à la rescousse de ma fragilité. C’est un peu insensé, car deux mois après l’accouchement, on n’est pas censé être en train de faire un album. C’est ça qui est arrivé, j’ai suivi cet instinct-là. Ça me donne un contact avec mes profondeurs, je suis allée creux et j’ai retouché à ma nature profonde. Aujourd’hui, avec un peu de recul, je me dis que c’est un album écrit sur les hormones (rires). Il s’est fait vite et j’avoue que j’avais besoin de le créer et de le faire.

Comment réussissez-vous à toujours vous adapter aux nouvelles tendances, aux modes musicales, en gardant votre écriture, votre signature si particulière?

C’est gentil de souligner cet effort-là, parce que c’est vrai que c’est ce que j’essaie de faire. Je pense que c’est la clé pour rester vraie et authentique. C’est vraiment de s’écouter dans l’essence de l’écriture qui importe. Après ça, on ne peut pas se détacher des courants donc j’écoute énormément de musique. J’essaie de rester moi en ayant une lignée qui est dans l’ère du temps en même temps. Cet album-là va toucher à des influences du soul et du disco, mais revampée à l’esthétique d’aujourd’hui. L’aspect très intimiste des chansons me fait penser aux années 70 et à des artistes comme Al Green, Bill Withers, le côté groove et très intimiste en même temps. La première chanson, « Souffle pour deux », ça a été un peu l’élan de départ pour tout l’album. C’est une chanson très intime, très fragile, mais avec un petit groove des années 70. C’est toujours une danse entre faire partie de son époque et être actuelle, mais sans me pervertir dans ma nature profonde.

Quand on compare vos différents albums, on remarque des différences, une évolution. Quelles sont vos sources d’inspiration? Où allez-vous puiser pour les renouveler quand vous êtes en période de création?

Je ne sais pas vraiment. Ce n’est pas une technique que je maîtrise. Après six albums, je trouve ça encore aussi mystérieux d’écrire des chansons. C’est un regard sur le monde, sur les comportements humains, ce que je vis comme émotions. C’est comme de toujours avoir un petit radar allumé qui permet de sentir que juste un regard posé sur les choses, sur les gens, peut nous faire décoller. C’est de partir de la réalité pour en faire quelque chose magnifié en chanson. Écrire des chansons, c’est aussi un exercice qui s’apprend. C’est un peu comme quand on tricote. On part d’un geste et on l’amplifie, on ajoute. J’ai l’impression qu’autant c’est mystérieux la création, autant un moment donné on développe une façon de faire. C’est la vie qui nous apprend à faire ça. J’ai de la misère à bien répondre à la question parce que ce n’est pas systématique ce qui m’inspire, c’est surtout un état, un état d’ouverture et de sensibilité. 

Le spectacle et la tournée roulent déjà depuis un bout, qu’est-ce qui s’en vient pour vous?

J’ai beaucoup un quotidien de création. J’ai un projet parallèle qui s’appelle « Sommm ». Il y a deux chansons pour l’instant qui sont sorties. C’est comme un petit groupe avec un ami producteur de musique. On écrit une chanson à la foi et on a des collaborateurs pour chaque chanson. […] C’est beaucoup un projet de studio. Il n’y a pas nécessairement de concerts reliés à ça. C’est pour se dépasser, se forcer à écrire en équipe et collaborer avec des gens qu’on aime. Sinon, j’écris beaucoup. Je suis à mon studio qui est comme une classe d’école, dans une vieille école, que j’ai aménagée. Il est sur ma rue, au-dessus de la garderie de mon dernier garçon donc c’est vraiment facile pour moi d’avoir une routine qui est de déposer les enfants à l’école et garderie et de monter à mon studio et composer.

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Kathleen Godmer , journaliste

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