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26 novembre 2019

Aurèle Ouellette : un trappeur heureux

On lui remet un Top Lot Award

« C’est toujours agréable de recevoir les honneurs, mais au départ, on ne fait pas ça pour ça. On trappe par passion », a affirmé Aurèle Ouellette, qui, à 81 ans, pratique la trappe depuis 72 ans. L’homme a été honoré par la Fur Harvesters Auction (Société de vente aux enchères à North Bay, Ontario) et a reçu le Top Lot Award pour la qualité des peaux de castor qu’il a fourni la saison dernière.

Aurèle Ouellette présente ici une de ses prises de la nouvelle saison en plein processus. Souhaitons-lui que cette peau de castor fasse partie de son prochain Top Lot.
Aurèle Ouellette présente ici une de ses prises de la nouvelle saison en plein processus. Souhaitons-lui que cette peau de castor fasse partie de son prochain Top Lot.
© (photo L’info de la Lièvre – Kathleen Godmer)

« Je fais de la trappe depuis que je suis petit gars. Oui c’est une passion, mais je pense que pour moi c’est une maladie (rires). J’ai commencé avec mon frère quand j’avais environ neuf ans et je n’ai jamais vraiment arrêté. J’ai toujours été dans le bois », a raconté M. Ouellette.

Pour obtenir un Top Lot, les peaux présentées doivent répondre à des critères très stricts comme: ne présenter aucune imperfection, ne pas avoir subi de déchirures, ne pas avoir été cousues, avoir été trappées durant la bonne période pour  avoir la bonne maturité, mais ce passionné de trappe et de bois tenait moins à parler des honneurs qu’il a reçus que de sa passion elle-même et de la façon dont il la pratique.

« Il ne faut jamais oublier que la fourrure est une ressource renouvelable. Il faut arrêter d’avoir de fausses idées sur la trappe. Ce n’est pas nuisible, au contraire, dans certains cas, le fait de trapper certains prédateurs aide à la survie d’autres espèces. Je le répète, maintenant, avec toutes les nouvelles normes, ce n’est plus vrai de dire que les animaux souffrent lors de leur capture. »

-Aurèle Ouellette

Organiser sa saison

Les yeux brillants, M. Ouellette a expliqué que c’est au mois d’août que la passion se rallume. Année après année, une rencontre entre amateurs se tient et offre plusieurs activités où sont présents des magasins en lien avec le piégeage et différents kiosques. Des ateliers sont offerts et des conférences ainsi que des démonstrations sur les différentes techniques sont présentées. 

À la fin août, le temps est venu de prendre le bois pour aller faire les inventaires des lieux et cabanes où se trouvent les animaux. Le trappeur fait son parcours établi au fils des ans et s’assure que tout est en place et propice pour une bonne saison. Différents cultivateurs font partie de ce parcours puisqu’ils ont régulièrement des prédateurs qui menacent leurs troupeaux et font appel aux trappeurs pour régler la situation.

Ensuite les demandes de permis sont faites et les données amassées lors des inventaires sont consignées afin de pouvoir planifier la saison et savoir par exemple combien de pièges et quel type de pièges devront être installés à tel ou tel endroit. 

Selon le cas, des enclos sont construits et quelques appâts sont distribués dans des lieux stratégiques. « On est toujours porté à trapper le long d’un ruisseau et encore plus où il y a un pont. Toutes les espèces se rendent là et y passent un moment. Si on a un enclos à faire, disons pour les coyotes et les loups, c’est la bonne place », a mentionné M. Ouellette.

Quand la date d’ouverture de la saison arrive, on installe le nombre de pièges nécessaires et le type de pièges appropriés. Il faut mentionner que, maintenant, tous les pièges doivent être certifiés et respecter de nombreuses normes afin de maximiser leur efficacité et éviter de faire souffrir les animaux. 

Selon M. Ouellette, c’est toujours le castor qui est trappé en premier avant que les glaces ne prennent ainsi que le rat musqué et si on a de la chance, parfois un vison se présente. Une semaine après, c’est la trappe au coyote qui débute. « La trappe pour les animaux semi-aquatiques ouvre d’abord et ensuite c’est celle de ceux qui sont terrestres. Quand le temps de la chasse arrive, les activités ralentissent, car les chasseurs ne veulent pas d’activité sur leur territoire; après ça repart. Pour moi, ça dépend de la quantité de neige. Avant ça ne me dérangeait pas de sortir du bois dans la grosse neige avec les raquettes et une couple de castors sur le dos, mais là, je vieillis », a précisé le trappeur.

À partir du 15 décembre environ, je ne vais plus dans la neige et dans la misère. Je n’ai plus l’âge pour ça (rires). Là, je ressors les peaux de castor congelées plus tôt dans la saison et une fois dégelées, je les mets sur des planches pour les faire sécher pour en arriver à un produit brut. »

-Aurèle Ouellette  

Quand les prises sont faites et rapportées à la maison avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas les abimer, on les accroche et on passe l’air pour les sécher. L’étape suivante est le dépiautage où on enlève délicatement la fourrure de l’animal pour l’installer ensuite sur une poutre en bois avec de grands couteaux afin de la dégraisser et préparer la fourrure. C’est une étape délicate qui demande beaucoup d’attention.

Lorsque les peaux sont prêtes, elles sont rangées dans des poches et bien identifiées. Les compagnies de ventes aux enchères passent les ramasser et s’occupent de tout ce qui touche ventes et distribution du produit.

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