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3 décembre 2019

Outaouais & Laurentides

Québec débloque 5,3 M$ pour aider l’industrie forestière

La nouvelle est tombée de bonne heure le 29 novembre : le gouvernement du Québec a pris le taureau par les cornes et décidé de soutenir financièrement l’industrie forestière de l’Outaouais et des Laurentides, fragilisée par la fermeture de l’usine Fortress Specialty Cellulose, à Thurso, le 7 octobre dernier. Québec met 5,3 M$ sur la table. 

Simon Dominé , Rédacteur en chef

L’usine de Louisiana-Pacific à Bois-Franc. Le gouvernement du Québec n’a pas dévoilé la liste des entreprises forestières qui vont bénéficier de son aide financière, mais on parle de la majorité d’entre elles.
L’usine de Louisiana-Pacific à Bois-Franc. Le gouvernement du Québec n’a pas dévoilé la liste des entreprises forestières qui vont bénéficier de son aide financière, mais on parle de la majorité d’entre elles.
© (Photo L’info de la Vallée – Jocelyn Galipeau)

Carl Charest,  directeur des communications et attaché de presse au Cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour, a confirmé à L’info qu’il ne s’agissait pas d’un prêt remboursable. 

«

 C’est vraiment une aide qu’on offre, suite à la fermeture temporaire – espérons-le – de Fortress. »

Carl Charest

Ce dernier n’était pas en mesure de fournir une liste exhaustive des entreprises qui bénéficieront de ce coup de pouce en Outaouais et dans les Laurentides. « Il n’y a pas de liste, mais c’est la majorité des entreprises qui sont touchées par l’aide. Il reste quelques entreprises avec lesquelles nous sommes encore en négociation », a-t-il indiqué.

Cette enveloppe servira à compenser les frais de transport supplémentaires auxquels doivent faire face les entreprises qui sont désormais obligées de faire affaire avec l’usine de Domtar, située à Windsor en Estrie. Un camion qui partait de Maniwaki pour livrer un chargement à Thurso effectuait le trajet en deux heures. Il lui en faut maintenant cinq avant d’atteindre Windsor. Même chose si l’on part de Mont-Laurier : un camion qui prenait moins de deux heures pour livrer à Fortress met maintenant quatre heures pour le faire à Domtar.

Une mesure temporaire

M. Charest a bien spécifié qu’il s’agissait d’une mesure temporaire. Il reviendra à une cellule d’intervention spéciale de mettre en place une solution durable. Le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, y participera aux côtés du ministre Dufour. La première rencontre est prévue pour le 12 décembre prochain. 

L’attaché de presse n’a pas voulu s’épancher sur les raisons qui ont poussé Fortress à fermer. « C’est pas au ministre ni à son attaché de répondre à ça, mais il y a énormément de facteurs qui font que Fortress en est venue à avoir des difficultés », a-t-il répondu à L’info. 

Au mois d’octobre, L’info avait posé la question au PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Denis Lebel. Ce dernier estimait que Fortress faisait en fait les frais des tensions diplomatiques entre la Chine et le Canada. « C’est sûr que les difficultés, entre autres, d’exportation sont probablement une des raisons », a admis du bout des lèvres M. Charest.

Pas le premier chèque de Québec

C’est la troisième fois en un an et demi que le gouvernement du Québec intervient pour soutenir l’industrie : en plus d’une aide de 5 M$ consentie à Fortress pendant l’été 2018, il avait ajouté un prêt maximal de 8 M$ au profit de l’entreprise le 8 octobre dernier. 

Le député de Gatineau, Robert Bussière, a eu le commentaire suivant : « Le soutien de l’industrie forestière locale et la préservation des emplois qui s’y rattachent figurent en tête de liste de nos préoccupations. Voilà pourquoi il faut agir rapidement et tout mettre en œuvre pour réunir les conditions permettant la poursuite des activités de chacune des entreprises ». 

Peut-on s’attendre à ce qu’Ottawa emboîte le pas à Québec? « Je ne commenterai pas sur ça. Le ministre a eu des discussions avec ses différents collègues fédéraux au cours des dernières semaines, mais je ne suis pas au courant de ce qui a été discuté », a répondu M. Charest.

Mentionnons pour finir qu’au début du mois de novembre, 76 producteurs forestiers de l’Outaouais et des Laurentides s’étaient manifesté pour rappeler que Fortress leur devait 800 000.

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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