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3 décembre 2019

Diminution de chevreuils sur le territoire

La faute à Dame Nature

Un résident de Val-d’Or, Maurice Lefebvre, s’inquiète de la diminution de chevreuils. Chassant depuis plus de 60 ans dans la région, M. Lefebvre dit avoir constaté une « énorme diminution » de chevreuils sur le territoire au cours des deux dernières années. Contacté par L’info, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) rassure la population en précisant qu’il ne s’agit pas d’une situation inhabituelle. 

Jordan Maheu , journaliste

 Les zones 9, 10 et 11.
Les zones 9, 10 et 11.
© (Photo MFFP)

M. Lefebvre a raison de constater une diminution de chevreuils. En raison des derniers hivers rigoureux, les populations de chevreuils des zones 9, 10 et 11 sont actuellement à des niveaux sous-optimaux relativement aux objectifs régionaux des plans de gestion du MFFP. 

« Cette situation n’est pas inhabituelle et a été vécue maintes fois au cours des dernières décennies et notamment à la suite des hivers rigoureux de 2008 et 2009. Le cerf de Virginie est une espèce très résiliente et très prolifique, ainsi sa pérennité dans la région n’est nullement compromise », a précisé le biologiste et spécialiste de la grande faune au MFFP en Outaouais, André Dumont.

Selon M. Dumont, l’hiver 2019 a été le plus rude des 25 dernières années pour plusieurs zones de chasse au Québec, dont la zone 10, située dans la région. Ce dernier a indiqué que le nombre de jours avec plus de 50 cm d’enfoncement et le nombre de jours avec de la neige au sol ont tous atteint des sommets sans précédent. André Dumont a aussi souligné que la proportion de cerfs juvéniles dans la population a été la plus basse des dix dernières années au cours du mois d’avril 2019.

« Lors d’un hiver de cette rigueur, la mortalité par inanition dans la population de cerfs est importante et les femelles qui survivent produisent une plus faible cohorte de faons », a-t-il expliqué. 

Compte tenu de cette situation, le MFFP n’a pas émis de permis de chasse aux chevreuils sans bois, pour la zone 10 ouest lors des périodes de chasse aux armes à feu. Actuellement, aucun indicateur ne permet au MFFP de croire que la pérennité des cheptels de chevreuils est compromise.

Existe-t-il une maladie débilitante ?

La maladie débilitante chronique des cervidés a été détectée chez 11 cerfs rouges d’une ferme d’élevage dans les Laurentides à l’automne 2018. Depuis, des prélèvements visant à détecter cette maladie chez les cervidés sauvages sont effectués par le MFFP. 

En 2018, le MFFP a donc circonscrit une zone d’interdiction de chasse et de piégeage et y a mené une opération d’abattage intensive contrôlée par ses équipes. La densité de chevreuils dans cette zone a donc été réduite significativement. Selon M. Dumont, cette action était nécessaire afin de ne pas voir la maladie débilitante chronique des cervidés se répandre. 

Cette année, le MFFP a mis en place des modalités de chasse permissives dans les zones présentant le plus haut risque. L’objectif est de diminuer temporairement les densités de chevreuils afin de réduire les risques de propagation de la maladie débilitante chronique des cervidés dans les cheptels sauvages. 

« La réduction des populations et le maintien de densités faibles sont des mesures temporaires et localisées. Elles sont nécessaires pour assurer des populations de cerfs de Virginie en santé à long terme. Si la maladie s’installe dans la faune sauvage, les conséquences sur la population seront, quant à elles, permanentes », a fait savoir André Dumont. 

À ce jour, tous les tests de dépistage se sont avérés négatifs. André Dumont a cependant averti que même si aucun cas de maladie débilitante chronique des cervidés n’a été détecté jusqu’à présent chez des cervidés sauvages, il n’est pas possible d’exclure hors de tout doute que la maladie y soit présente.

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Jordan Maheu , journaliste

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