Partager:
10 décembre 2019

Cathédrale Notre-Dame-de-Fourvière à Mont-Laurier

Un bout de patrimoine qui sera probablement détruit

L’abbé Gilbert Ndayiragije a communiqué avec L’info afin d’informer la population au sujet de l’état de la façade de la cathédrale qui connaît de nouveau de graves problématiques qui mettent en péril sa conservation.

Kathleen Godmer , journaliste

À moins d’un miracle, on devra probablement démolir le mur patrimonial qui avait été conservé devant la cathédrale, car celui-ci nécessiterait beaucoup de rénovations trop coûteuses pour les moyens de la fabrique.
À moins d’un miracle, on devra probablement démolir le mur patrimonial qui avait été conservé devant la cathédrale, car celui-ci nécessiterait beaucoup de rénovations trop coûteuses pour les moyens de la fabrique.
© (Photo L’info de la Lièvre – Kathleen Godmer)

« J’ai informé les paroissiens, le maire de la ville et je me dois d’informer toute la population en tenant compte des nouvelles que nous avons eues pour la façade de la cathédrale », a affirmé l’abbé déjà très émotif.

C’est lorsqu’un premier curé résident vient s'établir qu’une première église est construite en 1903 à Mont-Laurier, avec la création d'un nouveau diocèse. Une cathédrale est ensuite construite en 1918. Elle est édifiée par Samuel Ouellette, selon les plans des architectes Viau et Venne de Montréal. 

Le 1er février 1982, le plus grand monument historique de Mont-Laurier est victime des flammes. La perte s'estime à plus de deux millions de dollars, mais pour la population elle est inestimable. La croix du clocher, placée à plus de 50 mètres de haut, dominait toute la campagne environnante. L'intérieur de la cathédrale était renommé pour la grande beauté de ses boiseries et de ses vitraux.

En 1984, une nouvelle église est construite alors que la façade de la cathédrale, une fois restaurée, a pu être conservée. Elle est inaugurée le 28 octobre de la même année et consacrée le 12 mai 1985 à l'occasion du centenaire de l'arrivée des premiers colons à Mont-Laurier. 

« À ce moment, on a reconstruit à la même place en réduisant la superficie de la bâtisse. On a aussi réussi à conserver la façade, le mur, pour que les gens retrouvent un peu de l’ancienne cathédrale », a précisé l’abbé.

En 2007, des rénovations ont dû être faites à cause du mur qui créait de graves infiltrations d’eau. « À l’époque, les réparations ont coûté environ 235 000$. Comme le montant était très élevé, la majorité des paroissiens désiraient la démolition du mur, mais certaines personnalités locales du monde des affaires se sont mobilisées et ont réussi à amasser le montant. Cette généreuse démarche a permis de refaire la façade » a raconté l’abbé Gilbert.

Et ça recommence

Il y a quelques mois, sur ce même mur, on a pu constater le retour des infiltrations d’eau ainsi que l’apparition d’importantes fissures sur la paroi et la structure de la façade. « L’agent d’assurances nous a dit que ça devait absolument être réparé et qu’il fallait voir comment et que les lieux devaient être sécurisés. À ce moment, on croyait qu’il n’était question que des joints et on a fait faire des soumissions et on a eu trois réponses dont les montants tournaient autour de 42 000$. 

« Il n’est aucunement question de l’église qui est elle-même en bonne condition. On ne parle que du mur patrimonial qui vient de l’ancienne cathédrale. On se doit d’informer tout le monde, même ceux qui ne viennent pas à l’église ou ne lisent pas le feuillet paroissial, car c’est l’église de tout le monde, c’est leur histoire et une partie de l’image de la ville. »

-Gilbert Ndayiragije, curé de la cathédrale de Mont-Laurier

Selon l’abbé, au niveau de la Fabrique, qui se doit de bien gérer les biens de la paroisse, des inquiétudes sont apparues, car dans aucune des soumissions on n’expliquait en quoi les travaux consisteraient, avec quoi ce serait réparé, combien de temps serait nécessaire et combien de temps les réparations effectuées seraient efficaces. 

En consultant les archives, on a pu voir qu’un des architectes qui avait soumis un devis était de ceux présents lors de la reconstruction de 2007. Ça a donc amené des inquiétudes face au fait qu’en si peu de temps les mêmes problèmes sont revenus. Un autre architecte a donc été consulté ainsi qu’un ingénieur et un maçon d’expérience. Les trois ont fait une inspection ensemble le 27 septembre dernier. Ils ont remis un rapport qui décrivait en détail les problématiques et qui faisait mention que si le désir de conserver la façade persistait, les coûts avoisineraient les 900 000$. 

« La Fabrique Notre-Dame-de l’alliance n’a pas ces moyens. Même si on aimerait garder la façade, nous ne sommes pas capables. On s’est donc informé auprès de quatre ou cinq constructeurs pour s’informer de ce coûterait la démolition et on attend des réponses et des chiffres. Ce sera ça qui officialisera la décision. On verra ce qu’il faut faire, comment le faire et avec quoi le faire. On est rendu-là », a conclu l’abbé Gilbert.

Partager:

Kathleen Godmer , journaliste

  • Courriel

À ne pas manquer