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25 décembre 2019

Le projet de loi 37 inquiète la SADC d’Antoine-Labelle

Dernièrement, la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) d’Antoine-Labelle a envoyé une lettre à Christian Dubé, ministre responsable de l’Administration gouvernementale, afin de soumettre ses préoccupations relativement au projet de loi 37 qui vise à instituer le Centre d’acquisitions gouvernementales et infrastructures technologiques Québec qui centralisera, à terme, les approvisionnements des organismes gouvernementaux. Benoit Cochet, directeur général et Nathalie Dallaire, présidente, tenaient aussi à informer la population de cette situation qui pourrait avoir un impact sur l’économie de la région.

Kathleen Godmer , journaliste

Le projet de loi 37 permettra au gouvernement du Québec de centraliser les achats de ses diverses organisations publiques, dont celles du ministère de la Santé et des Services sociaux et du ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur. Si les précautions nécessaires ne sont pas prises, cela pourrait menacer les petites entreprises régionales du Québec qui font déjà office de fournisseurs.

« On a été informé récemment du projet de loi qui est en train de se travailler au niveau du gouvernement provincial et qui vise à centraliser l’achat des produits et services du gouvernement, donc de toutes les instances gouvernementales que ce soit commissions scolaires ou CISSS et autres organismes gouvernementaux. Notre inquiétude par rapport à ça est l’impact que ça va avoir pour nos commerçants et nos entreprises locales qui vont avoir de la difficulté à soumissionner sur ces appels d’offres là à la grandeur provinciale », a expliqué Benoit Cochet.

Une centralisation de ce genre apporte des inquiétudes dans les communautés où l’achat local est essentiel à la prospérité du territoire. En regroupant et concentrant ces volumes d’achats, peu d’entreprises régionales auront les infrastructures requises pour se qualifier à soumissionner sur les appels d’offres du centre d’acquisitions gouvernementales.

« Ici, juste pour la commission scolaire, les chiffres que j’ai obtenus montrent qu’il est question de 4,7 M$ en approvisionnement et fournitures de toutes sortent qui sont achetées dans la région. Ça, c’est juste la commission scolaire, car je n’ai pas réussi à obtenir les chiffres du côté du CISSS. Au niveau de l’entretien de bâtiments, on parle de 4,1 M$ et on se demande si ça pourrait aller jusqu’au niveau du transport scolaire qui représente 5,7 M$ de contrats qui sont donnés ici. En tout, juste pour la commission scolaire, on est près du 15 M$ d’investissements en produits et services dans le milieu et qui est mis en danger à l’échelle locale », a précisé M. Cochet.

La SADC est favorable à une saine gestion gouvernementale et à des mesures équilibrées d’efficacité et d’économie, mais elle souhaite que ces efforts ne viennent pas compromettre la vitalité économique des régions. Elle veut avoir la certitude que les petites entreprises québécoises ne subiront pas les conséquences de cette politique, que ce soit à court ou à long terme.

« Le gouvernement apporte ça sous le prétexte de la saine gestion. On n’est pas contre ce principe-là, mais pas au détriment des entreprises et de la vitalité économique des milieux, pas au détriment du développement durable et pas au détriment des principes auxquels on tient. On pense qu’il doit y avoir une façon de regarder ce projet de loi avec une saine gestion tout en conservant une dynamique appuyant la vitalité de nos régions », a mentionné le directeur général.

Ayant l’impression que le gouvernement veut faire adopter cette loi en douce, sans vraiment avoir consulté les différents milieux, le réseau des SADC du Québec a pris position, veut informer la population de ce qui se prépare et propose même au gouvernement des pistes de solution.

« On demande au gouvernement de mettre des critères dans ses appels d’offres. Qu’il centralise ses achats, mais qu’il mette des critères en lien avec le développement durable, la vitalité économique des régions. Il se dit être un gouvernement des régions donc qu’il vienne simplement mettre des critères qui vont nous rassurer sur le fait que cette saine gestion va se faire en collaboration avec le développement économique de tout le monde. Ce que l’on propose, c’est qu’en parallèle il puisse tenir compte d’un paquet de facteurs et non pas simplement d’un facteur de prix », a conclu M. Cochet.

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Kathleen Godmer , journaliste

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