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7 janvier 2020

Mont-Laurier

On met tout en œuvre pour devenir une zone innovation

La Ville de Mont-Laurier a pris l'initiative de se positionner et d’entamer les démarches pour devenir une zone d'innovation reconnue auprès du gouvernement du Québec. Grâce aux entreprises manufacturières situées près du nouveau parc industriel et aux projets innovateurs dans le secteur de la valorisation du bois, la capitale des Hautes-Laurentides semble être un endroit parfait pour ce genre de projet.

Kathleen Godmer , journaliste

On voit ici le nouveau parc industriel qui pourrait devenir le cœur de la zone innovation. L’image est tirée de la vidéo faite par un drone et qui a été présentée aux représentants gouvernementaux.
On voit ici le nouveau parc industriel qui pourrait devenir le cœur de la zone innovation. L’image est tirée de la vidéo faite par un drone et qui a été présentée aux représentants gouvernementaux.
© (Photo Drone Orbital – gracieuseté Ville de Mont-Laurier)

« Quand le projet zone innovation est arrivé, on a levé la main et on a fait savoir notre intérêt. Ça offrirait tellement de possibilités qu’on ne peut pas passer à côté de ça. Quand ton premier ministre dit qu’il voit le Québec à travers des zones innovation, qui apportent, entre autres, de l’exportation, des investissements privés, c’est intéressant et c’est vers ça qu’on veut aller. Il est venu dans le coin, il connait la Laiterie, Uniboard, pour ne parler que d’eux. Il connaît notre région et il y est sensible. De son côté, Mme Jeannotte, notre députée, a ses entrées assez favorables au bureau du premier ministre et elle est pour nous une excellente alliée », a expliqué Patrice Deslauriers, commissaire industriel à la ville.

Le maire, Daniel Bourdon, a expliqué que le projet vient du gouvernement Legault qui veut mettre sur pied des zones innovation à travers le Québec et que des rencontres ont déjà eu lieu en juin dernier pour expliquer le tout. Fort intéressée, la Ville a décidé de répondre oui à la prise en charge de ce dossier et plusieurs partenaires se sont joints à elle. 

« Un dossier sommaire a été monté par la Ville et en octobre dernier, une rencontre a eu lieu avec Donald Martel, adjoint parlementaire du premier ministre pour zones d'innovation, et M. Grenier, le conseiller économique de M. Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation. C’est la députée qui nous a obtenu les rendez-vous », a mentionné le maire. 

On a profité de l’occasion pour présenter, entre autres, le projet du parc industriel, qui est lui-même une zone d’innovation verte avec les bioproduits, une usine de panneaux qui se prépare, une cour de valorisation au niveau du bois, et quelques projets au niveau agroalimentaire. Selon M. Bourdon, c’est un grand avantage d’avoir ce parc industriel qui rassemble déjà plusieurs projets, comparativement à d’autres endroits qui attendent d’être nommés zone innovation pour mettre en place des projets.

« Ils ont aussi été impressionnés par notre présentation et nos idées. Pour joindre à ça, on a fait faire une vidéo par drone qui présentait la ville et son territoire avec tout ce qui y est offert en services et infrastructure. Ça a vraiment eu un impact, car pour une ville de notre grosseur, on offre vraiment beaucoup et c’est comparable à ce qui est proposé dans une ville de 40 000 habitants », a mentionné M. Bourdon.

Plusieurs étapes encore à venir

La firme Mallette sera mandatée pour la mise en place du dossier qui sera présenté au gouvernement afin que la ville soit acceptée comme zone innovation. 

« M. Martel nous a dit qu’ils sont un gouvernement “ business ” et qu’ils veulent investir avec nous. Il faut simplement leur prouver que nous sommes une communauté solidaire, que nous sommes des gens d’action. » 

-Patrice Deslauriers, commissaire industriel

Les coûts qu’impliquent la préparation et le dépôt du dossier pour pouvoir soumettre la candidature de la Ville pour l’étude sont de 185 000$, dont 85 000$ finançables par le milieu et 100 000$ de la part du gouvernement. 

D’ici le 31 janvier, la Ville devra trouver la somme et espère que le milieu s’impliquera et contribuera à amasser le montant. Si on passe à l’étape de l’étude, les résultats de celle-ci devraient être connus et déposés fin juin. On devrait savoir si la ville a été choisie vers l’automne 2020.

« 80% de notre produit intérieur brut régional est encore en lien avec la forêt, donc la Ville présentera un dossier dans cette optique. On aimerait devenir une zone innovation forêt. L’aspect forestier peut encore être très innovateur », a expliqué M. Deslauriers.

Selon la Ville, plusieurs entreprises ont été consultées afin d’identifier leur vision économique pour l’avenir, leurs besoins, leurs projets, l’aide désirée. On a voulu savoir quelles étaient les chaînes de valeurs des entreprises et industries de la région pour identifier clients, fournisseurs, partenaires qu’il serait bien d’avoir à proximité. Suite aux rencontres, la majorité des interpellés sont favorables à cette démarche de devenir zone innovation et ont des projets qui pourraient s’y relier. 

Plusieurs gros projets

Selon M. Deslauriers, Forex a un projet, venant d’un mandat de son conseil d’administration, de lancer une usine de bois de faibles preneurs (OSB). Ce projet est de l’ordre de 130 M$ et pourrait créer plus de 100 emplois. 

« Ce qui est intéressant dans ce projet c’est la récupération du bois mal aimé et ça permet à nos usines déjà existantes sur le territoire d’être plus performantes, car ça libère l’accès aux bois plus nobles. Le projet de cour de valorisation de Forex a été accepté tel quel par le gouvernement et est déjà en train de se faire chez eux », a précisé M. Deslauriers.

La Ville a aussi rencontré Uniboard et Saputo, industries déjà installées dans la région et qu’on souhaite voir se développer. Selon le commissaire industriel, si Mont-Laurier progresse, l’ensemble de la région va en profiter, car avec le développement économique des gens viendront s’installer et le feront à Mont-Laurier, mais aussi dans les municipalités environnantes.

Depuis un certain temps, la Ville parle de l’implantation de l’usine de bioproduits et centre de recherche qui réunissent plusieurs entrepreneurs de la région et qui est un projet qui va bon train. Ce projet a comme objectif d’en venir à développer un procédé pour remplacer le pétrole par la cellulose (provenant de l’arbre) dans la fabrication de certains plastiques. Il est directement en lien avec l’industrie du savoir puisqu’il est grandement question de recherches et développement. Lorsqu’elle sera en activité, cette usine produira un “ déchet ” appelé la lignine, substance qui pourra être récupérée et réutilisée pour chauffer d’autres entreprises puisque zone innovation est aussi axée sur l’échange entre industries.

« La pierre d’assise pour réaliser tout ça est une usine de cogénération pour produire de l’électricité et de la vapeur à partir de la combustion des résidus et déchets de la forêt. Le défi pour la Ville est justement d’avoir une entente pour pouvoir revendre de l’électricité dans le réseau d’Hydro Québec. Pourquoi? Pour permettre une alimentation soutenue des entreprises qui seront établies dans le secteur. Si on avait une usine de cogénération, ça nous permettrait de passer notre bois, nos résidus, de produire de l’électricité pour assurer l’alimentation des entreprises et le plus merveilleux avec la vapeur, la chaleur produite est en demande chez les industriels comme Saputo qui désire améliorer leur rendement énergétique par la récupération », a expliqué M. Deslauriers.

Parmi tous les projets mentionnés par M. Deslauriers, il est aussi grandement question de projets en lien avec l’acériculture puisqu’il semblerait que 50 % de tout le potentiel acéricole du Québec se retrouve dans les Hautes-Laurentides. On parle donc d’un possible centre de bouillage d’eau d’érable avec une usine de transformation agroalimentaire à partir des produits de l’érable.

D’autres promoteurs étaient en accord avec tout l’aspect qui touche à la forêt, mais ont aussi proposé de sortir un peu en dehors de ce cadre. Selon M. Deslauriers, une idée un peu folle de prime abord est ressortie. « C’est au niveau des assurances et de la finance. De très gros montants ne sont jamais réclamés sur le plan des assurances (240 M$ par année au Québec). Un centre de redistribution de ces sommes (en collaboration avec divers paliers de gouvernement) souhaiterait s’installer dans notre zone innovation et opérer à l’échelle nationale. Ce genre de projet attirerait dans la région des gens qui viendraient travailler comme ingénieurs, analystes financiers, techniciens en informatique… », a raconté M. Deslauriers.  

Ce sont tous ces projets, et plus encore, qui ont été présentés au gouvernement dans le but de faire de Mont-Laurier une zone innovation. Selon la Ville, être acceptée apporterait d’énormes avantages sur le plan du développement économique de la région tout en étant plus responsable du côté environnement. 

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Kathleen Godmer , journaliste

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