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22 janvier 2020

Mont-Laurier

Un enfant oublié deux heures dans un autobus scolaire

Un enfant de quatre ans de l’école Sacré-Cœur de Mont-Laurier, oublié pendant deux heures dans un autobus scolaire, a été retrouvé sain et sauf le 6 janvier dernier. 

Simon Dominé , Rédacteur en chef

C’est grâce à des informations reçues du public que le journal a eu connaissance de cet incident, qui n’a pas été médiatisé par la Commission scolaire Pierre-Neveu (CSPN).

Par la voix du sergent Marc Tessier, la Sûreté du Québec (SQ) s’en est tenue à ce commentaire le 9 janvier : « Les policiers (…) sont intervenus le 6 janvier dernier, vers 16h pour un jeune enfant qui manquait à l’appel. En collaboration avec différents intervenants, plusieurs démarches et vérifications ont été mises en place et l’enfant a été localisé sain et sauf vers 18h. Ce dernier s’était endormi dans l’autobus ». 

Le sergent n’a pas donné davantage de détails et a précisé qu’il n’y avait aucun élément criminel dans ce dossier. 

Du côté de la CSPN, c’est Jacinthe Fex, directrice du Service du secrétariat général, du transport et des résidences qui a répondu aux questions de L’info. Mme Fex a confirmé l’âge et le lieu de scolarisation de l’élève. Elle a mentionné que l’incident était survenu lors d’une journée pédagogique. Le transport était assuré par Autobus Daniel Lachaîne inc. Mme Fex a ajouté qu’« un rappel a été fait au transporteur, lequel est intervenu auprès de son employé ».

Elle a précisé le lendemain qu’il s’agissait du premier incident du genre avec ce transporteur.

La faute au service de garde?

Le 15 janvier, Daniel Lachaîne a lui aussi accepté de se prononcer sur l’affaire. Il n’a pas caché sa frustration : « Ça fait 36 ans qu’on fait du transport scolaire, c’est la première fois que ça nous arrive ».

« Ça fait dix jours que j’entends parler de cette histoire-là (…). Personnellement, j’en ai plein mon casque (…). À la base, c’est pas de ma faute », a fait valoir le chef d’entreprise. 

« Ça m’irrite un peu à la longue; ça devient pesant un petit peu. C’est pas qu’on voulait mal faire… »

Daniel Lachaîne

C’est lui qui a révélé à L’info que le service de garde de l’école Sacré-Cœur était impliqué également. 

« Là, on parle d’une activité parascolaire. (…). Il y a des responsables à l’intérieur [de l’autobus]. Il y a trois ou quatre surveillantes du service de garde qui sont là et qui ont chacune 10, 12, 15 jeunes », a raconté M. Lachaîne.

Il affirme que ce sont ces surveillantes qui ont averti le chauffeur que tous les élèves étaient descendus de l’autobus lorsque ce dernier s’est stationné devant l’école. S’il concède que son chauffeur aurait dû lui aussi effectuer une vérification, il estime que sa compagnie n’a pas à endosser seule la responsabilité de cette erreur. 

« Je sais qu’on n’a pas “ backé ” le service de garde, mais le blâme, c’est au service de garde. Quand t’embarques 20 jeunes, faut que tu t’arranges pour débarquer 20 jeunes. »

-Daniel Lachaîne

Comment l’enfant a été retrouvé

D’après M. Lachaîne, son conducteur a eu le temps de laver son autobus et d’en faire le tour (malheureusement, pas jusqu’au fond) avant que son téléphone sonne. Au bout du fil, c’était la SQ. L’entrepreneur assure que le service de garde ne l’a jamais appelé. 

« Là, je pense qu’ils savaient qu’ils avaient fait une petite erreur. Je ne sais pas qui ils ont appelé, mais ils ne m’ont pas appelé moi. C’est la Sûreté qui m’a appelé. Fait que là, comment veux-tu que je sache qu’il peut y avoir quelqu’un qui est absent? Normalement, après 15 minutes, tu t’en serais aperçu. Ils appellent 1h15 après! »

Au moment où il s’apprêtait à vérifier lui-même le véhicule, un autre employé qui rentrait au garage après une activité a repéré l’enfant et l’a averti. « Il dit : “ Dan, il y a un jeune qui cogne dans l’autobus ” », a témoigné M. Lachaîne. Soulagé, l’entrepreneur assure avoir aussitôt alerté les responsables : « J’ai appelé le service de garde et ils ne m’ont même pas répondu. Ils étaient déjà partis ». 

Le même jour, la CSPN a donné une version des faits similaire, à savoir que la prise de présence n’avait pas été effectuée lors du débarquement au service de garde. 

La CSPN rappelle la responsabilité du transporteur

Le propriétaire d’Autobus Daniel Lachaîne, qui a lui-même blâmé son conducteur, a de la difficulté à avaler la pilule d’avoir un manque à son contrat : « Qu’on me blâme pour une chose de même, alors qu’il y avait quatre responsables dans l’autobus qui n’ont pas fait leur job… Mets-toi à ma place ». Il a averti tous ses conducteurs de faire preuve de deux fois plus de vigilance. 

Rappelons que la compagnie détient une flotte de 37 autobus, assure 32 contrats et transporte chaque jour plus de 1 000 personnes. 

La CSPN a pour sa part souligné la responsabilité du conducteur dans cet incident. « En ce qui concerne le conducteur, ce dernier a aussi l’obligation de faire une vérification dans son autobus après la sortie de tous les élèves afin de s’assurer que tous les élèves sont débarqués et qu’il n’y a aucun objet oublié. Cette vérification n’a pas été correctement réalisée dans ce cas-ci », a commenté Mme Fex.

« Les procédures obligatoires ont été rappelées par écrit aux personnes concernées par leur supérieur immédiat, dans le but qu’un évènement semblable ne se reproduise plus. »

- Jacinthe Fex

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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