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14 février 2020

Kiamika

Un chantier forestier sème l’inquiétude au Lac-François

Un important chantier forestier (Diable) prévu au Lac-François, à Kiamika, par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) soulève des inquiétudes. Divers intervenants ont interpelé le ministère à ce sujet. L’info fait le point sur la situation.  

Kathleen Godmer , journaliste

Un chantier forestier est prévu dans le secteur du Lac-François à Kiamika
Un chantier forestier est prévu dans le secteur du Lac-François à Kiamika
© (Photo L’info de la Lièvre – Archives)

« C’est le MFFP qui nous est arrivé avec le projet du chantier Diable, nous on n’a rien décidé là-dedans puisque ça se trouve à être sur les terres de la Couronne. Il y a plusieurs aspects qui laissent à réfléchir. […] Du côté de la Municipalité ont se soucie beaucoup de ce que subiront les chemins et les conséquences financières de tout ça. La rencontre qui a eu lieu a été très positive, mais les points qui ont été apportés sont encore à l’étude et il n’y a rien de gagné là-dedans », a affirmé Michel Dion, maire de Kiamika.

La rencontre, à laquelle de nombreux intervenants ont participé, s’est tenue en novembre 2019.

Le secteur Diable destiné à un BGA

Lors de la rencontre, le MFFP et le bénéficiaire de garantie d’approvisionnement (BGA) ont informé les participants sur la planification du secteur. Il semblerait que la superficie du secteur soit de 390 hectares et qu’il est prévu d’y faire des coupes partielles et des coupes de régénérations selon les types de peuplements forestiers ainsi que des objectifs sylvicoles et fauniques. 

On a aussi expliqué que le secteur visé est à l’intérieur d’une aire de confinement du cerf de Virginie et que la coupe forestière devra respecter un plan d’intervention. Ce plan est approuvé par le secteur Faune du MFFP. 

Le Règlement sur l’aménagement durable des forêts (RADF) a aussi été mentionné puisqu’il bonifie la protection des bandes riveraines de ruisseaux permanents, lac, marais et marécages avec une protection intégrale (pas de coupe dans une lisière de 20 mètres). 

Préoccupations, inquiétudes et pistes de solutions

Le président de l’Association des propriétaires du Lac François, Jacques Turcot, a bien fait comprendre que du côté de l’association, la priorité était la santé du lac. 

« On est déjà coincé avec un débit d’eau qui arrive au lac et qui est beaucoup trop gros pour ce qui ressort. Ça crée des inondations, des engorgements, de l’érosion. Avec cette coupe, qui se veut très proche du lac, on a fait des recommandations. […] Il est question de la montagne face au camping Manitou où on veut faire des coupes presque à blanc. Le visuel sera affreux, mais l’eau qui va descendre de là ne sera plus retenue et absorbée par les arbres et apportera un plus grand débit d’eau encore. On a demandé au ministère de rayer cette partie-là et je crois qu’ils ont bien entendu notre demande, car on la retrouve dans le résumé de rencontre qu’on a reçu et il semblerait que les coupes seront situées un peu plus loin » a expliqué M. Turcot.

« Ce n’est pas tant la coupe de bois qui est notre problème principal, mais le fait qu’elle soit trop près du lac. »

Jacques Turcot, président de l’Association des propriétaires du Lac François.

De son côté, la Municipalité de Kiamika a parlé du transport de camions chargés sur les chemins municipaux qui va endommager l’asphalte. Elle demande donc à ce qu’il n’y ait pas de circulation de camions chargés de bois sur ces chemins municipaux en période estivale. 

« Le fait d’avoir des camions poids lourds, à répétition, sur des chemins qui ne sont pas nécessairement adaptés à ce type de chargement nous inquiète à savoir si ça va désagréger et causer des dommages accélérés sur le réseau routier du secteur. On a aussi abordé les trajets prévus et fait des propositions de changements pour certains endroits afin que ce soit plus sécuritaire et en accord avec la circulation déjà existante », a expliqué le directeur général par intérim, Marc-André Bergeron. 

La MRC Antoine-Labelle a abordé la protection du milieu hydrique en lien avec les coupes de régénération qui est un enjeu autour des milieux humides. 

La Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec s’inquiète pour le chemin Poulin qui est utilisé l’hiver comme un sentier transQuébec, partagé avec les VTT. Le transport de bois durant la période hivernale est un enjeu pour la sécurité des motoneigistes. 

Période d’opérations forestières prévues  

À cette étape de la planification, le chantier n’est pas prévu à court terme. Sous toute réserve et selon les marchés du bois, le chantier Diable ne fait pas partie des secteurs à exploiter pour 2020-2021, mais pourrait être récolté d’ici deux à trois ans. 

Lorsque le chantier sera en place, pour la voirie forestière, ce sera principalement de la réfection puisque le réseau routier est déjà existant. Les travaux de construction, d’amélioration et de réfection de chemin doivent avoir lieu entre le 1er avril et le 1er décembre. La récolte, selon le type de prélèvement (feuillu/résineux), aura probablement lieu durant l’été et l’automne et pourrait s’étendre un peu en hiver. La récolte du bois pour l’ensemble du chantier pourrait durer de huit à 12 semaines. 

Selon le ministère, le transport aura lieu durant l’été, jusqu’à décembre. La localisation des aires d’empilement, d’ébranchage et de tronçonnage (AEET) n’est pas encore définie. 

Le MFFP a proposé que la sortie des bois, selon la destination et la saison, se fasse sur trois trajets potentiels:  par la montée St-Amour en direction de Val-Barrette, par le chemin Lac François en direction de Kiamika et par le chemin Poulin en direction du Lac Saguay. On prévoit environ 650 voyages de camions de bois.

Le directeur général par intérim de la Municipalité de Kiamika a indiqué qu’une autre rencontre est prévue au mois de février. « Par la suite, c’est la MRC qui va prendre le relais pour discuter avec eux et ensuite les ententes nous seront présentées. À notre tour on va en faire part à l’Association, et voir si ça répond à nos attentes », a-t-il précisé. 

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Kathleen Godmer , journaliste

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