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19 février 2020

Des pertes d’emploi sont-elles à prévoir avec la loi 40?

« Nous n’en sommes pas là », dit Julie Bellavance

Par le biais d’un bâillon, le gouvernement Legault a fait appliquer, au matin du 8 février, le projet de loi 40, faisant perdre leur poste à tous les commissaires scolaires et imposant des nouvelles obligations aux travailleurs actuels ainsi qu’aux enseignants et spécialistes. Afin de mieux comprendre les effets de cette loi dans notre région, L’info a interrogé Julie Bellavance, directrice générale de la Commission Scolaire Pierre-Neveu (CSPN) transformée en centre de services scolaires. 

Hélène Desgranges , Journaliste

© (Photo gracieuseté CSPN)

Comment est vécue à l’interne la transformation de la commission scolaire en centre de service? 

La première étape a été de mettre rapidement en place un mode de communication à l’interne pour les gestionnaires, et ce, dès l’annonce du bâillon afin que les bonnes informations circulent rapidement et avec un langage commun pour se faire rassurant auprès des membres de notre personnel. Il était aussi primordial de prendre contact avec notre ex-président, M. Normand Bélanger, pour prendre de ses nouvelles et s’assurer ensemble de bien gérer les premiers 24 à 48 h de cet état de situation. Il faut aussi savoir que nous ne sommes pas seuls à gérer cette situation. Des voies de communication se sont rapidement installées afin que les différents services bénéficient des outils et expertises de chacun.

La transformation de la Commission scolaire Pierre-Neveu en centre de service scolaire va-t-elle entraîner des pertes d’emplois ou des transferts de postes à l’extérieur du territoire, comme ce fut le cas en 2015 avec la création des centres intégrés de santé et de services sociaux par le ministre Gaétan Barrette?

Nous savons que cette crainte a été soulevée et que nous ne sommes jamais à l’abri de cette possibilité. Toutefois, à ce moment-ci, nous n’en sommes pas là. Nous sommes actuellement en contexte de rareté de personnel, nous observons de la part du ministère une volonté de faire place à une plus grande autonomie pour nos écoles et pour nos petits milieux. Aussi, nous avons une clientèle captive. Nous avons des familles, des élèves, des classes avec des enseignants et du personnel de soutien. Ça va continuer. Aussi, nous parlons actuellement de centre de services scolaires comprenant les services que nous avons actuellement : ressources humaines, financières, matérielles et informatiques, éducatives. Nous n’avons aucune information indiquant qu’ils vont disparaître.

La loi 40 prévoit que les centres de services scolaires compteront cinq districts : dans la région, comment le territoire sera-t-il divisé?

Nous sommes à prendre connaissance de ces informations. Les secrétaires généraux étaient en rencontre le vendredi 14 février et ont pris connaissance de l’échéancier de la mise en place du nouveau conseil d’administration ainsi que des particularités s’y rattachant.

Jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau conseil d’administration, vous assumerez les fonctions des anciens commissaires scolaires : quelles sont ces tâches?

En fait, j’assumerai toutes les tâches de la fonction de Direction générale plus toutes les fonctions et pouvoirs de l’ancien conseil des commissaires. Il faut toutefois savoir que je n’agis pas seule. J’ai la chance d’avoir une équipe de cadres de service, de directions et de directions adjointes expérimentées et très professionnelles qui m’accompagnent dans ce changement. Notre organisation s’enorgueillit souvent de sa force de collaboration, nous avons une belle occasion de la mettre en pratique dans cette gestion du changement.

Vous êtes entrée en poste à la tête de la Commission scolaire Pierre-Neveu récemment; comment pensez-vous pouvoir assumer en même temps votre rôle de directrice générale et les fonctions qui étaient jusqu’à présent dévolues aux administrateurs?

En fait, c’est l’inverse qu’il faut comprendre. Mon rôle était (et est toujours) celui d’administrer notre organisation et de voir à la réussite éducative des élèves de notre territoire alors que celui de la présidence et des commissaires était un rôle plus politique. Nous étions dans un mode de gestion « politicoadministratif ». En entrant en fonction, je savais que j’aurais ce changement à gérer. Je connais bien notre organisation, ses enjeux et les orientations que nous avons désignés. Je garderai donc le focus sur le plan que nous nous sommes fixé.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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