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28 mai 2020

Avec ses vidéos

La FIQ-SPSL dénonce une « gestion abusive » du CISSS des Laurentides

Le syndicat des professionnels en soins des Laurentides FIQ-SPSL a fait, le 11 mai dernier, le lancement d’une série de vidéos dont la première fait réagir puisqu’elle veut démontrer, la façon dont l’employeur gère la crise. Façon qui ne correspond pas aux attentes du syndicat.

Kathleen Godmer , journaliste

« Nous sommes un CISSS, donc un seul et même établissement et l’on doit utiliser nos ressources à bon escient au profit de la population des Laurentides », affirme Rosemonde Landry, présidente-directrice générale.
« Nous sommes un CISSS, donc un seul et même établissement et l’on doit utiliser nos ressources à bon escient au profit de la population des Laurentides », affirme Rosemonde Landry, présidente-directrice générale.
© (Photo gracieuseté)

« Nous lançons cette première d’une série de vidéos pour démontrer la gestion abusive faite par le CISSS des Laurentides. Le gouvernement leur donne un chèque en blanc pour faire face à une crise humanitaire, mais en l’absence de crise, le CISSS l’utilise pour abuser de ses soignantes » a affirmé la FIQ.
@R:Dans la présentation de cette vidéo, la FIQ faisait savoir que « pour la population de la MRC Antoine-Labelle, c’est 14 cas de COVID, dont zéro en CHSLD, aucune hospitalisation et aucun lit occupés aux soins intensifs. Pourtant, le personnel de ce secteur est traité comme si c’était l’apocalypse. Pas de congé, augmentation des disponibilités, déplacements, changements de quarts, etc. Ça brûle le personnel et ce n’est pas justifié ».

Le CISSS froid face à cette démarche

Du côté du CISSS des Laurentides, la présidente-directrice générale, Rosemonde Landry, affirme que « nous avons un arrêté ministériel, mesure extraordinaire qui n’arrive jamais, ça nous permet de moduler les horaires des employés en lien avec la pandémie. Nous faisons ces mouvements-là seulement lorsque c’est nécessaire. On ne croit pas faire de gestion abusive de nos ressources. Au contraire, on apprécie leur collaboration. On a besoin de bras pour aider dans nos CHSLD ou ailleurs et c’est pour ça qu’on utilise les moyens que l’arrêté nous donne pour être capable d’assurer de bons services sécuritaires ».

Même si la FIQ semble dire que la crise est absente ou moins forte qu’on le dit, Mme Landry affirme « avec 2 156 personnes contaminées et 78 décès, j’ai de la misère à dire qu’il n’y a pas de crise. Elle est moins intense qu’à Montréal, mais nous sommes tout de même en pandémie. »

La députée de la CAQ interpellée

Dans son message, la FIQ interpellait la députée de Labelle, Chantale Jeannotte en disant : « Mme Jeannotte, entendez les cris de détresse des professionnelles en soins des Laurentides, et plus particulièrement celles de votre circonscription! Faites pression pour que cet abus cesse immédiatement pour leur bien et celui de la population de votre circonscription ».

Dans sa réponse partagée avec L’info , la députée mentionne être sensible aux enjeux sur le terrain, mais qu’elle ne peut s’ingérer dans la gestion interne du CISSS. Selon elle, l’arrêté ministériel permet effectivement aux établissements de mettre en place des mesures particulières pour maintenir une prestation de services à la population et la situation doit être regardée de façon globale.

« Il faut considérer plusieurs facteurs pour la mise en place de ces mesures et non pas seulement le nombre de cas de COVID-19. Par exemple, l’absence de personnel dû au virus, les femmes enceintes ou en congé de maternité, les personnes salariées immunodéprimées, qui se sont retirées des milieux de travail par prévention, ainsi que le déplacement de personnel pour soutenir les résidences de personnes âgées (RPA) font en sorte qu’il faut revoir l’organisation des soins et des services », a-t-elle déclaré.

À la FIQ, qui lui demande d’intervenir, elle explique : « je suis en contact avec le MSSS, qui comprend la situation et est en train de l’analyser. […] Les décisions appartiennent à la direction des ressources humaines de l’organisation et je demeure confiante que tout est mis en œuvre pour assurer la meilleure prestation de services aux patients. J’ai aussi appris que des mesures particulières seraient mises en place sous peu afin de permettre aux personnes salariées du réseau de prendre des vacances cet été ».

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Kathleen Godmer , journaliste

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