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7 août 2020

Activités nautiques

La rivière Rouge ne sera pas un Far West

Des débordements ont été observés sur la rivière Rouge depuis le début de l’été, notamment à la hauteur de La Conception, là où le trafic des embarcations et objets flottants donne parfois au cours d’eau des airs d’autoroute bondée. La situation paraît hors contrôle, mais des démarches sont en cours afin d’encadrer les activités nautiques sur la populaire rivière.

Véronique Piché , journaliste

Plein air Haute Rouge a été officiellement délégué par six municipalités – L’Ascension, Nominingue, Rivière-Rouge, Labelle, La Macaza et La Conception – afin de gérer le développement récréotouristique de la rivière Rouge sur leurs territoires.
Plein air Haute Rouge a été officiellement délégué par six municipalités – L’Ascension, Nominingue, Rivière-Rouge, Labelle, La Macaza et La Conception – afin de gérer le développement récréotouristique de la rivière Rouge sur leurs territoires.
© (Photo L’info du Nord – Archives)

« Au secours! » Virginie Laurent, chargée de projets pour Plein Air Haute Rouge, a reçu à maintes reprises cet appel durant l’été de la part de municipalités. Et pourquoi s’adresse-t-on à elle pour gérer la popularité du cours d’eau ? L’automne dernier, l’organisme a été officiellement délégué par six municipalités – L’Ascension, Nominingue, Rivière-Rouge, Labelle, La Macaza et La Conception – afin de gérer le développement récréotouristique de la rivière Rouge sur leurs territoires. Un mandat émis avant la pandémie. Avant que les Québécois ne prennent d’assaut leur propre territoire.

Accès publics

« On aurait aimé être prêt pour cette vague », concède Virginie Laurent. Néanmoins, l’organisme suit son plan initial. La phase I consiste en la mise à niveau des infrastructures d’accès publics de mise à l’eau. Selon l’avis de la Fédération Canot Kayak Québec, explique Mme Laurent, il faut prévoir au moins un point d’arrêt aux 15 km, pour des raisons de sécurité et de cohabitation avec les riverains. L’introduction sur des terrains privés doit être évitée à tout prix, alors que seulement 5% des berges sont publiques.

Une famille de Mont-Tremblant raconte avoir ramassé une multitude de billes de styromousse à la hauteur du pont de La Conception. Elle a aussi été témoin d’une scène d’horreur, alors qu’une personne grimpait sur le bord d’un méandre et détruisait au passage des nids d’oiseau creusés à même les parois sablonneuses.

« La destruction des habitats riverains n’est pas documentée comme telle, mais cela a été constaté », explique Geneviève Gallerand, DG de l’Organisme des bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon (OBV RPNS). Elle ajoute que l’enjeu majeur des activités nautiques sur la Rouge serait justement la destruction de l’habitat de l’hirondelle des rivages. Entre 1970 et 2017, la population québécoise de cette espèce a décliné de plus de 99%, selon des données fournies par Québec Oiseaux. Un important déclin que nul ne peut ignorer.

Code d’éthique

Les aménagements d’accès publics de mise à l’eau sont en cours d’exécution. Toilettes, bacs à poubelle et recyclage sont aussi installés. De plus, Plein Air Haute Rouge prépare un code d’éthique du pagayeur, lequel fera la promotion des bonnes pratiques. « En structurant les choses, les problématiques peuvent être résolues », dit Virginie Laurent. Des panneaux seront bientôt installés stratégiquement le long du parcours. L’organisme souhaite convaincre les prestataires de services de demander à leurs clients de signer ce même code d’éthique. Un affichage particulier est aussi prévu aux abords des lieux de nidification des hirondelles des rivages.

Afin de connaître la qualité des eaux de la rivière Rouge, l’Organisme des bassins versants RPNS offre le service d’échantillonnage aux municipalités. Bien que le ministère de l’Environnement finance une bonne partie de ces suivis, la décision relève des conseils municipaux. La collecte d’information est donc inégale le long de la rivière Rouge. « Il y a des municipalités pour lesquelles nous n’avons aucune donnée », relate la DG de l’organisme.

Dans l’état actuel des choses, l’usage de la rivière Rouge ne peut être qualifié de durable. Plein Air Haute Rouge souhaite renverser la vapeur. Le ralliement des municipalités est pour eux source de fierté.

Patrouille sur la rivière

Une patrouille nautique devait circuler sur la rivière Rouge cet été, afin d’amasser les déchets flottants, mais aussi de sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques et à la sécurité. « Notre plus gros souci est actuellement celui de la sécurité », exprime Virginie Laurent. À vue de nez, elle estime que 80% des usagers ne portent pas de veste de flottaison. Cette patrouille sera déployée l’an prochain, l’aide financière ayant été reportée.

 

 

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Véronique Piché , journaliste

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