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16 septembre 2020

Dans les Laurentides et en Outaouais

Le ministère surveille la tique d’hiver grâce à 19 orignaux

Un projet de recherche sur l’orignal est en cours dans quatre secteurs du Québec. La Zec Petawaga (Laurentides) ainsi que la réserve faunique La Vérendrye (Outaouais et Abitibi-Témiscamingue) sont mises à contribution. Dans cette zone, 19 orignaux ont été identifiés avec un collier émetteur qui permettra au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) de mieux connaître les habitudes de l’animal tout en prévenant le fléau de la tique d’hiver qui fait actuellement des dommages chez les orignaux des États-Unis. Chasseurs, ne vous empêchez pas d’abattre ces orignaux à collier.

Hélène Desgranges , Journaliste

Dans la Zec Petawaga et la réserve faunique La Vérendrye, 19 orignaux ont été capturés pour se voir affubler d’un collier émetteur. Il est important que les chasseurs sachent qu’ils peuvent récolter ces animaux sans problème. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs récupérera les colliers pour poursuivre l’étude en cours sur la tique d’hiver et les comportements des orignaux.
Dans la Zec Petawaga et la réserve faunique La Vérendrye, 19 orignaux ont été capturés pour se voir affubler d’un collier émetteur. Il est important que les chasseurs sachent qu’ils peuvent récolter ces animaux sans problème. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs récupérera les colliers pour poursuivre l’étude en cours sur la tique d’hiver et les comportements des orignaux.
© (Photo gracieuseté –Étienne Caron – Page Facebook du MFFP)

Le MFFP tient absolument à faire passer le message : il est tout à fait légal pour un chasseur d’abattre un orignal qui porte un collier. Depuis janvier 2020, sur les 19 orignaux porteurs de colliers, quatre sont décédés.

Les colliers ont permis aux biologistes de savoir que trois d’entre eux sont décédés à la suite des rigueurs de l’hiver alors que le quatrième avait été heurté par une voiture avant son décès. Toutes les trois heures, des données parviennent jusqu’au ministère grâce aux colliers émetteurs.

Lorsqu’un chasseur abattra un orignal à collier, il pourra retirer facilement celui-ci sans le couper et les biologistes pourront ainsi s’en servir à nouveau pour cueillir d’autres données sur d’autres orignaux qui seront aussi capturés en janvier 2021.

Les chasseurs ne doivent absolument pas s’empêcher d’abattre un orignal à collier puisque sa chair est tout à fait comestible. Un numéro de téléphone est inscrit sur le collier et dans une étiquette apposée à l’oreille de l’animal. Il faut le composer afin que le collier soit récupéré. Même sans cet appel, les chercheurs retraceront le collier jusque dans la cour du chasseur, indique André Dumont, Ph. D. biologiste responsable de la grande faune à la direction de la gestion de la faune en Outaouais.

Grâce aux colliers émetteurs, au moment de rédiger l’article, M. Dumont pouvait avancer que trois orignaux avec colliers se trouvent dans la Zec Petawaga, un à Sainte-Anne-du-Lac en territoire libre et les autres dans la réserve faunique La Vérendrye.

Les colliers émetteurs permettent aux biologistes de mieux connaître les déplacements des orignaux, leurs habitats utilisés, les causes de leur mortalité, mais aussi, les impacts de la tique d’hiver.

Les colliers ont été installés sur des veaux et, pour la sécurité de l’animal qui grandit, ceux-ci tomberont d’eux-mêmes à l’automne grâce à un système automatisé. Le MFFP les récupérera donc là où ils seront tombés.

La tique d’hiver des orignaux, dangereuse pour les humains?

La tique d’hiver n’est transmissible ni aux humains ni aux animaux domestiques. Elle n’affecte pas la viande des orignaux, surtout qu’en automne, elle est encore à l’état de larve. En Outaouais et dans les Laurentides, elle n’est pas encore problématique.

« Les 19 orignaux identifiés, dans notre région par un collier, sont les plus gros et les plus grands des quatre secteurs visés et ont le moins de parasites. » - André Dumont

La tique d’hiver se retrouve sur les chevreuils et les orignaux, mais ces derniers ne s’en débarrassent pas au fur et à mesure comme le font les chevreuils, de là l’importance d’en suivre l’évolution. La tique, comme le pou des humains, se nourrit de sang et si elle se retrouve en trop grand nombre sur un animal, elle l’affaiblit et peut causer sa mort.

La densité de population d’orignaux sur un territoire et les changements climatiques sont au nombre des problématiques qui lui permettent de se reproduire plus rapidement. C’est pour cette raison que plus au nord, comme au réservoir Gouin ou à la Baie James, elle est quasi inexistante. La tique qui s’attaque à l’orignal n’est pas porteuse de la maladie de Lyme.

Pour détecter la tique d’hiver, des prélèvements sont faits en octobre de chaque année par le MFFP, sur les orignaux récoltés par les chasseurs. À l’automne, la tique étant si petite et le poil des orignaux plutôt long, les chasseurs sont souvent surpris de constater que leur animal en contient dans son pelage. À l’hiver, en revanche, il arrive que des caméras de chasse captent les tiques sur un orignal alors que celle-ci est devenue de la grosseur d’une graine de tournesol ou d’une arachide. Nul besoin d’avertir les biologistes si on en trouve, mais si, par curiosité ou besoin d’informations, une personne veut en savoir plus, André Dumont souhaite que les gens communiquent avec lui sans gêne. Ses coordonnées sont les suivantes : 819-246-4827 poste 288 ou andre.dumont@mffp.gouv.qc.ca.

La capture des orignaux pour pose de colliers

C’est en hélicoptère, en hiver, que la capture des orignaux est réalisée pour leur apposer un collier émetteur. Sont alors recherchées des femelles avec leur veau. Un filet est alors lancé sur le veau, l’équipe qui appose les colliers saute en bas de l’hélicoptère, l’attrapent, l’endorment et lui installe le collier et une étiquette à l’oreille. Aucune mortalité n’est relevée lors de ces opérations qui se déroulent très rapidement.  L’animal anesthésié reçoit alors un antidote et le tout disparait rapidement de son corps, de façon à ne pas représenter un risque pour l’humain qui le consommerait.

Les autres régions concernées par le projet de recherche

Bas-Saint-Laurent : 25 jeunes adultes (mâles et femelles de 1 an et demi) à proximité de la réserve faunique de Rimouski, de la ZEC Bas Saint-Laurent et de la pourvoirie Le Chasseur

Gaspésie : 14 jeunes adultes (mâles et femelles de 1 an et demi) et 15 femelles matures au parc national Forillon

Capitale-Nationale : 24 jeunes adultes (mâles et femelles de 1 an et demi) sur la propriété du Séminaire de Québec

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Hélène Desgranges , Journaliste

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