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29 septembre 2020

Alerte orange dans les Hautes-Laurentides

« Une action préventive », selon la Santé publique

Le 1er octobre, les résidents du nord et de l’ouest des Laurentides se sont réveillés en zone orange, ce qui entraîne une foule de mesures restrictives, afin de juguler la hausse des cas de COVID-19.

Maxime Coursol

© (Photo gracieuseté - CISSSLAU)

Selon le Dr Éric Goyer, directeur de santé publique des Laurentides, cette décision a été prise par Québec, afin d’envoyer un message à la population et surtout, de prendre des précautions pour les MRC limitrophes à celles des Basses-Laurentides, qui elles, ont passées au niveau d’alerte rouge. « On parle d’une action préventive pour couper la transmission chez nous, a-t-il déclaré en conférence de presse le 29 septembre. On craint l’effet tache d’huile. Avec les échanges commerciaux entre les régions, le virus se transmet. »

Il ajoute d’ailleurs qu’à la lumière des plus récents chiffres, le nord et l’ouest des Laurentides seraient de toute façon passés au jaune le 28 septembre. « On a eu une hausse de 37 cas dans les dernières 24 heures, c’est beaucoup. Le nombre de cas augmente, le taux de positivité des tests est en hausse et il y a beaucoup de déplacements entre notre région et Montréal. C’est tout ça qui a motivé la décision de faire passer les Basses-Laurentides au palier rouge et le reste de la région au palier orange », précise le Dr Goyer.

Un souci pratique

Par ailleurs, le directeur de santé publique des Laurentides convient qu’il y avait une préoccupation que les gens situés en zone rouge traversent la frontière pour aller chercher leurs services dans les MRC voisines. Une personne de Mirabel, par exemple, pourrait décider d’aller au restaurant à Lachute ou quelqu’un de Saint-Jérôme, d’aller dans un bar à Saint-Sauveur. C’est pourquoi les autorités ont choisi de faire passer le nord et l’ouest des Laurentides au palier orange, qui restreint les services offerts.

Ce palier introduit des mesures additionnelles en ciblant certains secteurs d’activité et milieux où le risque de transmission est jugé plus élevé (voir le tableau ci-dessous). Par exemple, dans les bars et restaurants, le maximum de personnes par table descend à 6 et la vente d’alcool cesse à 23h. De plus, un maximum de 6 personnes ou 2 familles (donc 2 familles acceptées même si plus de 6 personnes) sera désormais autorisé pour les rassemblements privés à l’intérieur ou à l’extérieur. Quant aux activités organisées dans un lieu public, un maximum de 25 personnes à l’intérieur et l’extérieur sera permis (salles louées, lieux de culte, barbecues, pique-niques, etc.).

De plus, les déplacements interrégionaux ne sont désormais autorisés que pour aller travailler, s’approvisionner ou lorsqu’on a un enfant en garde partagée. Pour l’instant, il n’y aurait pas de barrage policier entre les zones, mais la vigilance policière sera accrue, prévient-on.

Préserver le système de santé

Selon la Santé publique des Laurentides, présentement, dans toutes les MRC de la région, on assiste à une importante transmission communautaire du coronavirus. « Au printemps, chaque personne infectée avait deux ou trois contacts significatifs à risque. À présent, on parle plus d’une dizaine de contacts par personne, ce qui rend les enquêtes épidémiologiques plus complexes », explique le Dr Goyer.

« On comprend la fatigue des gens de respecter les mesures de santé publique, ajoute-t-il, mais c’est un moment charnière. Présentement, le virus circule surtout chez des gens plus jeunes en bonne santé, il faut briser la vague avant que ça se rende à nos gens les plus vulnérables. »

« La tendance, elle est lourde et on veut éviter de se rendre à un impact sur le système de santé qui se traduirait par des hospitalisations et des décès. » -Dr Éric Goyer

Il dit surtout craindre la pression qu’une hausse hors de contrôle de cas de COVID-19 pourrait avoir sur le système de santé des Laurentides, en particulier sur les plus petits hôpitaux (Mont-Laurier, Rivière-Rouge…), qui n’ont pas une grande capacité.

Le nord dans un meilleur état

Mince consolation, il y aurait seulement 10 écoles publiques dans toutes les Laurentides aux prises avec des éclosions, sur 161 (primaires et secondaires confondues). On compterait au nord de Saint-Jérôme peu d’éclosions. Une seule était en activité en date du 29 septembre, à la Polyvalente Saint-Joseph et à la résidence pour filles Christ-Roi de Mont-Laurier.

« Il y a certains événements privés qui ont entraîné plus d’un cas dans le nord, mais on a tout de suite coupé la chaîne de transmission et il n’y a pas eu d’éclosion à proprement parler », avance Marie-Ève Thériault, adjointe au directeur de santé publique.

Même son de cloche du côté du tourisme, qui n’aurait pas eu un impact notable sur la transmission de la COVID-19, selon la Santé publique. « Cet été, on n’a pas vécu de hausse importante de cas dû aux activités touristiques, affirme Marie-Ève Thériault. C’est le cas partout au Québec, probablement car ce sont les activités extérieures qui ont été privilégiées. On se croise les doigts que ce soit pareil pour le ski cet hiver. »

« Pour l’instant, on n’est pas capable d’établir de cause à effet entre tourisme et hausse des cas de COVID-19 », ajoute le Dr Goyer. Malgré cette bonne nouvelle, il ne s’attend tout de même pas à ce qu’on revienne au palier vert dans les prochains jours.

Cas actifs dans les Laurentides par MRC, en date du 29 septembre

-Antoine-Labelle: 6

-Laurentides: 7

-Pays-d’en-Haut: 7

-Argenteuil: 2

-Rivière-du-Nord: 67

-Mirabel: 27

-Thérèse-de-Blainville: 60

-Deux-Montagnes: 48









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Maxime Coursol

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