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18 décembre 2020

Ligues de garage en temps de pandémie

Moins de social, plus de sport

Dans la région, différentes ligues de garage évoluent. Elles sont formées pour la plupart de groupes d’amis qui y adhèrent pour le sport, mais surtout pour le plaisir de se rencontrer une fois par semaine. L’info a discuté avec l’arbitre Pascal Michaudville, ainsi qu’avec des joueurs, pour tracer le portrait de ce qu’est devenue cette activité en temps de pandémie.

Kathleen Godmer , journaliste

Ligue de garage signifie souvent rencontre entre amis et bières après la partie. Des choses qui ne sont plus possibles si on veut respecter les demandes de la Santé publique. Certains l’acceptent facilement, d’autres ont de la difficulté à s’y faire.
Ligue de garage signifie souvent rencontre entre amis et bières après la partie. Des choses qui ne sont plus possibles si on veut respecter les demandes de la Santé publique. Certains l’acceptent facilement, d’autres ont de la difficulté à s’y faire.
© (Photo Pixabay)

« Pour ce qui est des ligues organisées avec frais d’inscription, arbitres, marqueurs et temps de glace réservé, il y en a du mardi au vendredi (huit à dix parties par semaine). Par contre, le nombre de ligues et le nombre d’équipes ont diminué à cause de la Covid et de tous les changements que ça apporte », a expliqué M. Michaudville pour mettre en contexte.

Expliquant les changements apportés par la situation, il a mentionné que tout ce qui se fait sur la glace est resté sensiblement pareil, mais que l’arrivée sur place devait maintenant se faire seulement 20 à 25 minutes avant la partie. À l’arrivée, tout le monde est dans l’obligation de signer le registre pour être facilement retraçable si des cas de Covid se déclarent.

« La plus grande raison qui pousse à s’inscrire dans une ligue de garage, c’est le côté social. C’est la rencontre pour prendre une bière avec les amis, mais là, ça a été coupé. On ne peut plus s’attarder dans la chambre. Pour plusieurs, la bière d’après match se prend dans le stationnement maintenant », a mentionné l’arbitre.

Si on ne peut plus prendre une bière après la partie, on ne peut plus non plus prendre de douche; mesure visant à diminuer le temps de présence dans la chambre après le match. De plus, les joueurs s’habillent dans différentes chambres pour respecter la distanciation. Ils doivent porter le masque jusqu’à ce qu’ils embarquent sur la glace.

« Pas facile pour tout le monde de respecter les nouvelles règles. Du côté de Mont-Laurier, il y a des gars qui ont quand même pris des douches et les responsables de l’aréna ont décidé de couper l’eau et de les barrer pour empêcher ça. (…) Hockey Québec nous partage les règles venant du gouvernement, mais ce n’est pas simple, ça change souvent. (…) Du côté de Ferme-Neuve, je sais que chaque capitaine a reçu un message à transmettre à ses joueurs disant que si la règlementation n’était pas respectée des conséquences suivraient et ils ne pourraient plus pratiquer leur sport », a raconté M. Michaudville.

L’adaptation semble difficile chez certains joueurs

Comme l’aspect social des rencontres est fortement diminué, ce sont plus les vrais amateurs du sport lui-même qui répondent encore présents. Si certains s’adaptent bien, pour d’autres, ce n’est pas le cas.

« La plupart des gens sont là pour le social, mais moi, ça ne fait que quelques années que je joue au hockey et je suis là pour le sport. Oui, ça devient un groupe d’amis et c’est pour éviter que ces amis deviennent des ennemis que je ne veux pas être nommé, mais je veux vraiment partager des choses importantes que j’ai constatées et qui confirment que les mesures demandées sont loin d’être respectées. La distanciation n’est pratiquement jamais respectée. Je trouve que les gens font preuve de laxisme. Au début c’était beau, tout le monde se forçait. Là, ça se relâche beaucoup. Le port du masque est pas mal respecté sauf dans la chambre et il y en a qui continuent de prendre leur douche malgré l’interdiction. J’ai l’impression qu’à Ferme-Neuve il y a un peu plus de discipline, mais peu importe la place, ce n’est pas normal dans le contexte de finir notre partie et de voir encore des joueurs de celle d’avant sortir », a confié le joueur.

Insistant sur le fait que ce n’est pas tout le monde qui agit ainsi, il a aussi mentionné qu’il trouvait dommage que quelques-uns le fassent risquant de pénaliser tout le monde pour leur manque de respect.

Joueur d’une autre équipe, Benoit a confié que pour lui, ligue de garage rime avec plaisir du hockey et camaraderie. « Je ne peux pas dire que le contexte rend ça moins agréable, mais ça enlève tout le côté social de l’activité. Sur la glace on s’amuse, mais dans la chambre on échange, on jase et là on ne peut plus vraiment. En arrivant quelques minutes à peine avant le match et en devant quitter tout de suite après, ça change l’expérience. On a parfois l’impression qu’on est bousculé et ce n’est plus venir jouer au hockey pour se détendre et avoir du fun entre amis. »

Selon lui, les consignes sont respectées, sauf pour quelques petites choses qui ne sont pas suivies à 100%. « En général, ça va. Il y avait les douches, mais là, à Mont-Laurier, ils ont coupé ça donc ça règle le problème. Le côté le plus délinquant est le port du masque dans la chambre qui est loin d’être respecté. Par contre, on a plus de chambres pour le même nombre de joueurs et les points verts ou rouges pour les endroits où s’asseoir sont parfaitement respectés. Je pense qu’avec le temps les gars vont s’habituer. »

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Kathleen Godmer , journaliste

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