Geste répréhensible de Meta AI relevé par le magazine The Atlantic
Francine Ouellette franchement exaspérée d’être piratée
Il y a deux semaines, une amie de l’autrice Francine Ouellette lui partageait que sa douzaine de romans était piratée. Pire, ils servaient maintenant à alimenter l’intelligence artificielle de Meta Platforms, la firme américaine de Mark Zuckerberg (cofondateur des Facebook et Instagram). Elle voulait en parler avec L’info, le journal l’a écouté.

La romancière de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles est consciente que dans le monde d’aujourd’hui une autrice ne peut être naïve et croire que ses ouvrages ne seront jamais disponibles sur le Web, sur une page, piratés. Mais voir son corpus au grand complet être miné par une intelligence artificielle, c’est grave. Pire encore quand n’importe qui, sans permission, peut désormais « écrire un roman à la Francine Ouellette » le temps de prendre une bonne douche. Cependant, c’est une douche froide pour l’autrice.
Facebook et Instagram sont des applications gratuites, c’est pourquoi elles minent aussi vos données personnelles et vos déplacements sur le Web avec votre consentement. Pour son intelligence artificielle, a révélé The Atlantic, Meta Platforms a miné un site qui héberge des ouvrages piratés. Le droit d’auteur est ici bafoué solide.
« Pour ce qui est de mes livres piratés, il y a bien longtemps qu’ils le sont. À un certain moment, les éditeurs nous disaient que nos livres sur le Web, c’était l’avenir et que l’on vendrait des copies en format numérique. Bon, on voit où l’on est rendu aujourd’hui. Un livre piraté ne profite à personne de l’auteur au libraire. Par exemple, pour mon livre Le patriote errant [2016], ça m’a pris quatre ans à l’écrire. Piraté, je ne fais pas un sou. Mais il n’y a pas que moi. Pour la maison d’édition, il y a beaucoup de gens à payer, ne serait-ce que la graphiste, la correctrice, puis, aussi, l’imprimeur, le distributeur et le libraire. Et les gens entre eux », explique Mme Ouellette.
« Je touche avec les copies numériques, environ 100 $ de droits d’auteurs par année »
— Francine Ouellette, autrice
« Le lendemain de la sortie de mon roman, une copie numérique était sur un site de partage à la portée de tous, gratuitement. Ça, c’est un de mes romans. Juste pour dire, avec ma douzaine de romans, je touche avec les copies numériques, environ 100 $ en droits d’auteur par année », déplore-t-elle.
Rien à faire
Comment Francine Ouellette réagit-elle en apprenant il y a quelques semaines que ses romans fussent du lot miné par l’intelligence artificielle de Meta? Désarmée devant une si grande firme étatsunienne?
« Ç’a été ma première réaction avec l’impuissance. C’est gros tout ça », souffle-t-elle, alors que L’info lui demande quelle solution est disponible pour freiner le piratage.
« Il y a des gens qui, sans vouloir faire mal, ont profité des sites de piratage en se disant qu’ils peuvent avoir tels ou tels livres gratuitement […] Ce geste fait que l’on coupe notre gagne-pain. Je comprends que le livre physique peut représenter une dépense très importante, mais il ne faut pas empêcher les gens de lire. Ils peuvent donc aller dans les bibliothèques emprunter mes livres, comme ceux des autres, ou encore les emprunter en ligne des bibliothèques. Je suis rémunéré par le Conseil des Arts de cette façon. C’est certain que ce sont des livres que l’on ne vend pas et que l’on reçoit un petit quelque chose, mais c’est mieux que rien du tout. Malheureusement, pour l’intelligence artificielle, je ne sais pas quoi faire », explique Mme Ouellette.
Meta le sait bien
L’info a demandé à Meta AI si oui ou non elle minait sur un site de partage des livres piratés pour gonfler ses données. Voici un extrait de la réponse en anglais [traduction libre] : « Les allégations à propos de Meta AI minant le site […] sont fondées. Selon de récents documents de la Cour, Meta utilise la base de données de […], qui héberge des livres piratés pour entraîner son modèle d’intelligence artificielle. Cette révélation a soulevé la controverse, certains auteurs accusant Meta d’avoir bafoué les droits d’auteur ». Puis, Meta AI avoue que ce n’est pas la première fois qu’elle agit ainsi.
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