Partager:
12 novembre 2019

Abolition des commissions scolaires

Normand Bélanger n’est pas impressionné par la réforme Roberge

Joint par L’Info, le président de la Commission scolaire Pierre-Neveu (CSPN), Normand Bélanger, a réagi à l’annonce du projet de loi 40 modifiant la gouvernance scolaire. Voici le compte-rendu de cet entretien.

Renaud Giraldeau , Journaliste

Normand Bélanger, président de la Commission scolaire Pierre-Neveu (photo : archives – L’Info de la Lièvre).
Normand Bélanger, président de la Commission scolaire Pierre-Neveu (photo : archives – L’Info de la Lièvre).

Maintenant que le projet de loi sur l'abolition des commissions scolaires est déposé, quels impacts sur la gouvernance des écoles entrevoyez-vous?

Dans le projet de loi, le nombre de parents va augmenter sur les conseils d’établissements et les écoles devront prendre beaucoup plus de décisions. Par contre, ces décisions-là avec un petit territoire comme le nôtre risquent de compliquer les choses. Je vous donne un exemple, les règles pour les services de garde seront établies par chaque conseil d’établissement. Ça peut créer des problèmes pour des parents avec un horaire différent à Saint-Eugène qu’à Jean XXIII s’ils ont des enfants dans différentes écoles. Ça va quand même prendre une façon d’harmoniser tout ça.

La transformation des commissions scolaires en centres de service vous fait-elle craindre des pertes d'emplois pour la région des Hautes-Laurentides?

Oui. C’est sûr que la réforme Roberge, même si M. Roberge dit que c’est différent que la réforme Barrette, le ministre se donne beaucoup de pouvoirs comme dans la réforme Barrette. Pouvoirs de fusionner des services, comme ceux de la paie, des ressources humaines ou du transport scolaire, n’importe quelle fusion risque de se traduire par des pertes d’emplois. 

Le projet de loi abolit les limites territoriales des commissions scolaires, quel impact cela pourrait-il avoir sur les écoles et les emplois sur le territoire de la MRC d’Antoine-Labelle?

En ayant plus de territoire scolaire, des parents du secteur de la Rouge pourraient décider d’inscrire leurs enfants à l’école Curé-Mercure à Mont-Tremblant. On a quand même 80 élèves qui viennent en résidence à partir de ce secteur-là, en plus des deux autobus qui font le voyagement tous les jours. En ce moment, les parents n’ont pas le choix de respecter le territoire de la CSPN, à moins d’une dérogation pour un programme particulier comme un sport-étude. Si on perd cette clientèle-là, que ce soit 30, 50 ou 100 élèves, ça vient toujours avec des postes ça.

Qu’avez-vous à répondre à ceux qui affirment que les commissions scolaires n’étaient pas légitimes en raison du faible taux de participation aux élections scolaires? 

Il y avait malgré tout 11 % de participation, ça représente 2 500 électeurs environ. Les commissaires étaient élus par 2 500 personnes et là les membres des conseils d’administration seront élus par quoi? 50 ou 60 personnes. Est-ce vraiment plus légitime? Sans compter la disparition des circonscriptions qui permettent d’avoir une représentation régionale. Là, les membres du conseil d’administration pourraient tous venir de Mont-Laurier ou d’une autre ville, je ne sais pas trop comment ça va se développer. Est-ce que ces membres-là seront sensibles aux réalités de Notre-Dame-du-Laus ou de Pontmain? Ça, c’est une autre crainte au niveau de la gouvernance qui est assez importante. 

Malgré tout, voyez-vous des éléments positifs dans le projet de loi. Si oui, lesquels? 

Il y a quand même des formations obligatoires de prévues dans le projet de loi. Des formations obligatoires pour le conseil d’administration du centre de service et les conseils d’établissement. On essayait toujours d’en organiser, mais pour les commissaires c’était facultatif. Le ministre va élaborer une formation qui sera obligatoire. C’est à peu près le seul élément positif que je vois. Je ne peux pas dire que je suis vraiment emballé par le reste. 

Partager:

Renaud Giraldeau , Journaliste

  • Courriel

À ne pas manquer