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16 janvier 2020

Gaspillage alimentaire

Une triste réalité qui peut être changée

Durant la période des Fêtes, les visites et les occasions de se réunir devant un bon gros repas et une table pleine se sont multipliées. Plusieurs, voulant ne manquer de rien, ont cuisiné ou acheté en grande quantité et une fois le party terminé, que de restants et de nourriture gaspillée. Pendant ce temps, quantité de familles vivaient l’inverse et ont dû demander l’aide des banques alimentaires pour avoir un panier de Noël et réussir à s’offrir un repas des Fêtes convenable. Le gaspillage alimentaire est une pratique trop courante, mais il est possible de changer cette réalité tout en en faisant profiter son prochain et en aidant sa planète.

Kathleen Godmer , journaliste

Pendant que certains peinent à bien se nourrir et font appel aux banques alimentaires, d’autres jettent et gaspilles de la nourriture. Par de petits gestes simples, il est possible de faire une différence dans la triste réalité du gaspillage alimentaire.
Pendant que certains peinent à bien se nourrir et font appel aux banques alimentaires, d’autres jettent et gaspilles de la nourriture. Par de petits gestes simples, il est possible de faire une différence dans la triste réalité du gaspillage alimentaire.
© (Photo Pixabay)

Selon le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), le gaspillage alimentaire au Canada entraîne chaque année des pertes estimées à 31 milliards de dollars. Bien que les ménages soient responsables de 47 % de ce gaspillage, 53 % sont attribuables à l’industrie (transformation, vente au détail, agriculture, restauration et hôtellerie, transport et entreposage). Tous ont un rôle à jouer et une part de responsabilité à exercer pour solutionner ce problème. Les actions que chacun pose ont toutes des répercussions sur le plan environnemental comme sur le plan social.

Qu’est-ce que le gaspillage alimentaire?

Le gaspillage alimentaire se définit par la nourriture destinée à la consommation humaine qui est perdue ou jetée tout au long de la chaine alimentaire, que ce soit au champ, dans le transport, lors de sa transformation, à l’épicerie, dans les restaurants et hôtels ou encore à la maison et touche toutes les catégories d’aliments. 

Selon Recyc-Québec, au Canada, 58 % de la nourriture est jetée tout au long de la chaîne alimentaire, pour un total de 35,5 millions de tonnes. Une part de cette énorme quantité est constituée de résidus inévitables comme les os et les coquilles d’œufs, mais on évalue à 11,2 millions de tonnes la quantité de résidus évitables, soit d’aliments qui auraient dû être mangés ou donnés (banques alimentaires) plutôt que jetés. Cela représente suffisamment de nourriture pour nourrir toutes les personnes habitant au Canada pendant près de cinq mois.

Pourquoi éviter le gaspillage alimentaire?

Le gaspillage alimentaire est un enjeu planétaire important. En chiffres, un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdue ou jetée, équivalant à environ 1,3 milliard de tonnes par an. La nourriture produite, mais non consommée occupe près de 1,4 milliard d'hectares de terres, ce qui correspond à la superficie du Canada et de l’Inde réunis. La production de toute cette nourriture perdue ou jetée requiert environ un quart de toute l’eau utilisée en agriculture chaque année.

En plus d’occasionner une utilisation inadéquate de nos ressources, l’enfouissement ou l’incinération de ces aliments génère des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui contribuent aux changements climatiques.

Le gaspillage alimentaire a également des impacts économiques importants. Toujours selon Recyc-Québec, au Canada, 2,2 millions de tonnes d’aliments sont gaspillés par les ménages canadiens chaque année, une perte qui équivaut à plus de 17 milliards de dollars. Cela veut dire qu’un ménage moyen gaspille environ 140 kg de nourriture chaque année, soit une perte annuelle de 1 100$.

Comment éviter le gaspillage alimentaire et changer les choses?

Par des petits gestes simples et le changement de certaines habitudes de vie, il est possible de faire une différence. Que ce soit du côté du MAPAQ, de Recyc-Québec ou auprès de différents groupes et organismes, conseils et façon de faire sont partagées et se recoupent.

On conseille donc de planifier ses repas à l’avance en mettant en place un menu pour la semaine selon les aliments déjà dans le frigo et en faisant une liste de ce qui manque et qui doit être acheté. Liste à respecter pour ne pas tomber dans le superflu.

Il est aussi question d’apprendre à conserver les aliments de la bonne façon et de manières variées. Par exemple, en plaçant les aliments moins frais à l’avant pour les consommer rapidement, en écrivant la date d’ouverture sur les conserves et la date de cuisson sur les restants. En entreposant les aliments de façon adéquate. Par exemple, en fermant bien les contenants et en gardant le frigo entre 0 et 4 degrés.

Malgré la date « meilleur avant » indiquée sur les aliments, certains peuvent être consommés sans risque. Il est possible de trouver les renseignements justes sur le site du MAPAQ.

Autres manières de réduire le gaspillage: en congelant les restants au lieu de les jeter et en les utilisant pour les lunchs, en apprêtant les aliments de façon différente. Par exemple en faisant des smoothies ou compotes avec les fruits trop mûrs ou en utilisant les vieux légumes moins appétissants pour faire un potage.

Pas le temps de tout consommer? Pas envie de le manger? Rien de plus simple que de partager et offrir. Il est certain que collègues amis ou voisins seront heureux d’en profiter.

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Kathleen Godmer , journaliste

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