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22 janvier 2020

Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles

Mont-Daniel: les citoyens en ont assez

Les citoyens du Lac-des-Îles en ont assez de la situation actuelle du Mont-Daniel. La firme Socam, qui en est propriétaire, laisse le site dans un état qui est selon eux inacceptable. Depuis plus de dix ans, ils se battent pour que le propriétaire remédie à la situation. Le conseil municipal affirme avoir fait plusieurs interventions qui semblent enfin être sur le point de porter fruit. L’info a voulu savoir ce qu’il en était.

Kathleen Godmer , journaliste

Les citoyens de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles en ont plus qu’assez de voir que le dossier du Mont-Daniel, qui implique la firme Socam et la Municipalité, ne bouge pas. Selon eux, le site est dans un état inacceptable et ils ont l’impression que de tous les côtés, on essaie de gagner du temps.
Les citoyens de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles en ont plus qu’assez de voir que le dossier du Mont-Daniel, qui implique la firme Socam et la Municipalité, ne bouge pas. Selon eux, le site est dans un état inacceptable et ils ont l’impression que de tous les côtés, on essaie de gagner du temps.
© (Photo gracieuseté)

C’est le citoyen Benoît Éthier qui a communiqué avec˂@Ri˃L’info˂@$p˃pour dénoncer la situation qui dure depuis plus d’une dizaine années. Il estime que lorsque le Mont-Daniel a abandonné sa vocation d’être un centre touristique et a été vendu, une grande part de négligence venant des nouveaux acquéreurs n’a pas tardé à se faire sentir. Selon M. Éthier, le lieu a été laissé à l’abandon et s’est rapidement dégradé. 

« Chaque jour, quand les résidents passent, ils sont témoins de ce laisser-aller. C’est vraiment rendu à un point extrême. Au début, on se disait que ça allait tomber et en effet, ça s’est effondré », a raconté M. Éthier. Le citoyen explique aussi que ce secteur est touristique et que les résidents espéraient, de la part de la firme Socam, qu’il ait un plan intéressant pour le développement de l’endroit, ce qui les a rendus patients. 

« L’espoir que M. Chevrier était en train de mettre quelque chose en place nous a rendus trop tolérants. On s’est parlé par téléphone suite au courriel que je lui ai envoyé et il avait mentionné qu’une étude était en cours. J’avais aussi insisté sur le fait que l’endroit se dégradait et que le coup d’œil était terrible. Il avait alors affirmé que lorsqu’il faisait quelque chose, c’était bien fait, mais qu’il fallait y mettre le temps. Encore là, on a usé de patience, mais ça n’a encore été que de belles promesses », a expliqué M. Éthier.

« Mon but n’est pas de planter le conseil, mon but est qu’on trouve une solution et je crois qu’elle réside dans le fait que l’on doit mettre tous nos efforts ensemble pour dire à M. Chevrier qu’il doit soit bouger, soit payer et nous, on va le faire. »

-Benoît Éthier, citoyen 

Selon M. Éthier des séances du conseil ont eu lieu et la problématique a été abordée. Il y était présent, ainsi que d’autres citoyens pour questionner et tenter de savoir de quelle façon évoluait le dossier, mais ils ont eu l’impression qu’on essayait de gagner du temps et de les faire taire. 

« Chaque conseil auquel on assistait, on se faisait dire que c’était encore repoussé. On en est venu à avoir le sentiment que de tous les côtés, on se foutait de nous », a déclaré M. Éthier.

Se voulant le porte-parole de ses voisins et concitoyens, M. Éthier espère que sa sortie publique fera bouger les choses. Comme les autres résidents, il s’inquiète de la sécurité du site, des impacts que ces ruines, qui sont sur les rives du lac, peuvent avoir et se désole du coup d’œil et de l’image que l’endroit donne aux touristes de passage et aux résidents qui vivent dans les environs. 

Une autre réponse peu satisfaisante

Au début du mois de décembre dernier, L’info a réussi à joindre par courriel François Chevrier, président de la firme Socam. Celui-ci a décliné la demande d’entrevue, supposément afin de ne pas nuire aux discussions en cours avec la Municipalité de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles relativement à la situation du site du Mont-Daniel. 

M. Chevrier a écrit: « Nous tenons à assurer que nous collaborons avec la Municipalité et que nous avons l’entière collaboration des représentants de cette dernière afin d’adopter un plan de gestion des immeubles se trouvant sur le site ainsi que le développement futur dudit site. Des rencontres sont prévues en début d’année 2020 avec les représentants de la Municipalité afin de discuter des prochaines étapes. Soyez assurée que nous mettons tous les efforts afin d’en arriver à une solution efficace dans les meilleurs délais, et en ayant en tout temps les intérêts des citoyens de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles au centre de nos préoccupations et discussions, mais nous n’émettrons pas d’autre commentaire à ce stade-ci et nous n’accorderons pas d’entrevue ».

La Municipalité a le dossier dans ses priorités

Le maire Luc Diotte a confirmé qu’effectivement, il y avait une collaboration entre la Municipalité et la firme Socam et que des discussions étaient en cours. 

« On est conscient que ça fait longtemps que ça dure. Il faut savoir qu’il y a le Mont-Daniel et l’immeuble sur le site du Mont-Daniel. Ce sont deux choses différentes dans un même dossier. Depuis l’acquisition par la firme, il y a eu différents problèmes au niveau des désignations cadastrales. M. Chevrier, le président, voulait garder les droits de reconstruction même si avec le nouveau cadastre, certaines parties de lots ne lui étaient pas octroyées, bien qu’elles leur appartenaient. Il y avait donc toute cette partie légale à résoudre, ce qui a demandé du temps », a expliqué M. Diotte.

Avouant que la patience de tous avait ses limites, le maire a affirmé qu’il était maintenant le temps de passer à l’action. « Ça fait quand même trois fois que je rencontre M. Chevrier. Ce qu’il a dit concernant les discussions, la rencontre à venir en janvier et la mise en place d’un plan de gestion, c’est vrai. Il faut toutefois séparer les choses. La première étape est de s’occuper de l’immeuble qui doit être démoli. C’est pourquoi, en octobre dernier, on a envoyé une lettre à la firme pour insister sur ce point », a raconté le maire.

« Quand M. Chevrier parle d’un plan de gestion qui se met en place, ça c’est plus de son côté et c’est en lien avec une deuxième étape qui visera l’exploitation du site. Pour le moment, de notre côté, la priorité est vraiment de tout mettre en œuvre pour la démolition de l’immeuble. »

-Luc Diotte maire

M. Diotte a aussi fait mention qu’au niveau des droits acquis, des mesures avaient dû être prises. « À ce sujet, on avait discuté avec M. Chevrier qu’il y aurait possibilité de mettre en place, le moment venu, un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI). On parle d’un nouveau règlement de zonage pour un projet précis qui comporte des aspects hors du commun. À partir du moment où ce serait en place, ça nous donnerait la latitude de réaliser des choses ensemble au niveau de l’immeuble principal et peut-être même pour une deuxième phase de projet englobant tout le site », a-t-il précisé.

Du côté de la Municipalité, l’objectif est donc de travailler ensemble dans le respect des visions de chacun des partis. Toutes les démarches entreprises que ce soit pour le cadastre, les droits acquis, le zonage et les PPCMOI sont en lien avec le dossier Mont-Daniel dans son entièreté et son possible développement futur. Si l’immeuble n’a pas encore été enlevé, il semblerait que ce soit à cause du temps qu’ont exigé ces démarches. 

« Maintenant que tous ces aspects ont été traités, il est temps de s’occuper de l’immeuble qui dérange. Ce qu’on ne veut pas, c’est de s’enliser dans des procédures judiciaires qui pourraient être longues et coûteuses. Pour le moment les discussions vont bien, mais c’est aussi le temps d’agir. La coopération semble être là, mais on est bien décidé à régler ça. Il faut que ça finisse », a affirmé M. Diotte.

Il a aussi expliqué que la lettre envoyée au mois d’octobre n’était pas une demande, mais bien une exigence. Il espère être en mesure de résoudre le problème en travaillant en collaboration avec la firme, mais déclare aussi que le temps des discussions est terminé, qu’il est maintenant le temps d’agir. Le maire est convaincu que si tout le monde travaille dans le même sens, de grandes choses peuvent être réalisées dans ce dossier.

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Kathleen Godmer , journaliste

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