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6 février 2020

Avenir du diocèse de Mont-Laurier

L’étude de Mgr Durocher suit son cours

En juillet dernier, le Pape François a accepté la démission de Mgr Paul Lortie comme évêque de Mont-Laurier en raison de son âge. Il a nommé Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, comme administrateur apostolique du diocèse de Mont-Laurier en lui donnant le mandat de mener une étude sur l’avenir du diocèse et de présenter ses recommandations. L’info a voulu savoir où en était l’étude.

Kathleen Godmer , journaliste

© (Photo gracieuseté)

Au départ, la mise en place de la démarche avait été demandée à Mrg Lortie par le conseil presbytéral. « On voulait qu’il intervienne pour voir si dans la conjoncture actuelle de l’église au Québec, certains diocèses n’auraient pas à entamer une étude sur leur avenir. La question a été débattue et les évêques n’étaient pas très chauds à l’idée de le faire. Suite à son départ à la retraire, on s’est posé la question si on ne devait pas commencer cette étude avec le diocèse de Mont-Laurier avant d’y mettre en place un nouvel évêque », a raconté l’abbé Jean-François Roy, responsable des communications au diocèse de Mont-Laurier.

Ce qui était demandé était surtout d’étudier la question sur la viabilité du diocèse et combien de temps il pourrait lui rester dans son contexte actuel, un peu comme une étude actuarielle. L’issue de l’étude est bien sûr de savoir si on laisse le diocèse comme il est ou s’il est préférable d’apporter des changements par une fusion.

Différentes étapes

Jusqu’à maintenant, trois étapes ont été réalisées. Tout d’abord, l’arrivée de Mgr Durocher et l’écoute attentive des questions soulevées par l’étude. Puis des rencontres avec les conseils diocésains de pastorale et d’économie pour réfléchir avec eux sur ces questions, préoccupations et convictions ainsi qu’une nouvelle consultation auprès des prêtres qui a permis de peaufiner un document rédigé pour être présenté lors de la troisième étape et qui fait état des différents aspects de l’étude. 

La dernière étape réalisée s’est terminée le 26 janvier dernier et consistait en des consultations publiques  où le document était présenté aux fidèles qui pouvaient eux aussi s’exprimer sur la question. Cette étape permettra à Mgr Durocher de rédiger un rapport qui sera soumis à la Congrégation romaine pour les évêques qui gère le dossier au nom du Pape. La Congrégation indiquera par la suite les prochaines étapes à entreprendre. 

« Je peux dire que suite aux consultations, un peu partout à travers le diocèse, les gens ne sont pas prêts tout de suite à des changements. Il y a des réticences et il y a un spectre qui plane au-dessus de tout ça et c’est la centralisation des services qui sont envoyés hors des régions. Par exemple à Maniwaki, la question du CISSS a fait très mal. L’hôpital de Maniwaki à presque perdu tous ses services qui ont été relocalisés à Gatineau. Mont-Laurier se bat aussi contre ça pour ne pas que tout se retrouve à Saint-Jérôme. Quand on parle d’une fusion de diocèse avec Gatineau, les gens ne veulent rien savoir », a confié l’abbé Roy.

Selon lui, si on regarde toute la Vallée-de-la-Gatineau et celle de la Lièvre, les gens ne sont pas prêts à ça et désirent maintenir le diocèse. On pense que celui-ci est encore viable sur le plan financier pour une dizaine d'années. Il faut donc bien prendre le temps de réfléchir et approfondir la question. Même du côté des prêtres incardinés dans le diocèse, on a voté à l'unanimité contre la fusion du diocèse. 

Ça reste un projet à long terme

« Là, on arrive à l’étape où Mgr Durocher va rédiger son rapport qui sera ensuite transmis, dans un premier temps, à l’assemblée des évêques du Québec pour que tous les évêques en prennent connaissance et puissent en discuter. Ensuite ce sera à la conférence des évêques du Canada et après ce processus, ce sera envoyé pour la congrégation des évêques à Rome qui va donner ses recommandations au Pape. Ça devrait être fin juin que le rapport sera envoyé à Rome », a détaillé l’abbé Roy.

« Le jour où Rome prendra sa décision et dans le cas où il serait question de fusion, on prévoit que ça peut prendre jusqu’à cinq ou six ans avant que le projet se concrétise et que toutes les choses commencent à se mettre en place. Pour le moment le dossier est encore loin d’une prise de décision et reste à suivre », a expliqué l’abbé Jean-François Roy.

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Kathleen Godmer , journaliste

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