Partager:
25 mai 2020

Pas de date de réouverture prévue pour le domaine de la restauration

Certains restaurants mourront de la COVID-19

Partout au Québec, les restaurateurs vivent anxiété et incertitude. Antoine-Labelle n’y échappe pas et deux mois après avoir dû fermer leur salle à manger, ces commerces ne savent toujours pas quand ils pourront la rouvrir et voient venir les impacts avec inquiétude.

Kathleen Godmer , journaliste

Chez les restaurateurs, plus le temps passe plus la situation est difficile. Toujours pas de date pour une éventuelle réouverture ce qui laisse à penser que plusieurs ne survivront pas.
Chez les restaurateurs, plus le temps passe plus la situation est difficile. Toujours pas de date pour une éventuelle réouverture ce qui laisse à penser que plusieurs ne survivront pas.
© (Photo Pixabay)

Selon François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), si les activités ne reviennent pas à la normale et ne repartent pas bientôt, il faut s’attendre à ce qu’entre 40 et 50% des restaurants du Québec ferment leurs portes définitivement.

Fermeture définitive, non-renouvellement de bail, vente du commerce, attente d’aide gouvernementale, fermer pour démarrer un nouveau restaurant, font partie des nombreux scénarios auxquels réfléchissent plusieurs restaurateurs.

La région n’y échappe pas, mais selon Frédéric Houle, directeur général du Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle, il est difficile de tracer un portrait juste de la situation puisqu’on ne peut pas faire de rencontre avec les commerçants et les institutions concernées (chambre de commerce, Zone Emploi, SADC, etc).

« Pour l’instant, je n'ai pas suffisamment d'information pour un portrait juste. Certains devront relever de gros défis. La diminution du chiffre d'affaires va faire mal. […] Je crois que les règles de distanciation seront appliquées durant au moins un an encore. La diminution de capacité des salles ou les irritants liés aux mesures feront diminuer la clientèle, donc le chiffre d'affaires. […] La solution serait que les clients puissent consommer dans les restaurants sans que ces derniers aient besoin d'investir beaucoup, ça passe donc par des solutions innovantes. Chaque entrepreneur doit se demander ce qu'il a le goût de mettre en place pour s'adapter à la réalité », a-t-il expliqué.

Ça fait vraiment mal

Évoluant dans le domaine depuis bon nombre d’années, Patrick Jarvis voulait s’exprimer à titre personnel et non pas uniquement comme restaurateur.

« Je ne peux pas parler pour la chaîne, je n’ai pas le droit. Par contre, sur le plan personnel, je trouve ça très triste. Les mesures mises en place sont dures, mais nécessaires. Je ne veux pas me plaindre. Mon père vit présentement chez moi suite à des problèmes de santé et je n’aimerais pas, à cause d’une salle à manger ouverte, lui rapporter la Covid et risquer de le voir en mourir. […] Ce qui est dommage, c’est que les choses commencent à rouvrir et rien en ce qui concerne les restaurants, aucune indication, aucune date, on ne sait rien et en attendant ça fait mal financièrement. »

Pour certains, la situation fait vraiment mal. « C’est terrible! On est situé dans un petit village et ça nous donne moins de possibilités que si on était en plein cœur de Mont-Laurier. Déjà avant, ce n’était pas facile, on faisait presque notre année dans l’été. […] Là, on a tout arrêté et on ne sait pas quand ça va reprendre. On réfléchit beaucoup et on en est à décider si on va vraiment fermer et vendre », a confié une restauratrice de la région ne désirant pas être nommée.

Maxime Tremblay de La Chaumière a raconté : « On vit ça avec beaucoup de questionnements, car on ne sait pas à quoi s’attendre. Pas de date, pas d’information, le néant. Il y a comme un flou généralisé au niveau ce que qu’on a ou non le droit de faire. Les consignes ne sont pas claires. […] Même en s’informant auprès des policiers, ils ne sont pas en mesure de répondre pour certains points, même l’ARQ trouve ça difficile. J’ai même téléphoné à Mme Jeannotte, ça, il faut oublier. Il n’y a personne, ça ne répond pas ».

Il a aussi mentionné que « financièrement, ça va avoir de gros impacts ». Selon lui, certains restaurants risquent de ne pas survivre à Mont-Laurier.

Partager:

Kathleen Godmer , journaliste

  • Courriel

À ne pas manquer