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20 novembre 2020

Politique fédérale

Marie-Hélène Gaudreau fête son premier anniversaire comme députée du Bloc

Voilà un an que Marie-Hélène Gaudreau, sous les couleurs du Bloc Québécois, a été élue députée de la circonscription fédérale de Laurentides-Labelle, qui englobe les MRC d’Antoine-Labelle et des Laurentides, ainsi qu’une partie de celle des Pays-d’en-Haut. L’info a fait le bilan avec elle.

Simon Dominé , Rédacteur en chef

La députée bloquiste Marie-Hélène Gaudreau.
La députée bloquiste Marie-Hélène Gaudreau.
© (Photo gracieuseté)

Quelles suggestions émises par des gens de votre circonscription se sont retrouvées dans le plan de relance présenté par le Bloc Québécois. Selon vous, le gouvernement de Justin Trudeau y sera-t-il sensible ?

D’abord, l’augmentation et l’indexation du budget des Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC). En effet, leur budget n’a été indexé qu’une fois au cours des 15 dernières années, et nous avons pu voir, notamment lors de la première vague de la pandémie, que les SADC offrent un service essentiel aux entreprises. Notons également les propositions pour le secteur de la foresterie et du tourisme, dont l’appui aux coûts fixes des entreprises, ne s’arrêtant pas au loyer, entre autres. Quant à savoir si le gouvernement en place prendra nos recommandations en considération, je l’espère sincèrement, malgré le fait que la collaboration semble être plus difficile depuis quelques mois.

Vous participez à la Table RH de la MRC d’Antoine-Labelle concernant le défi du manque de main-d’œuvre. Concrètement, quels sont les besoins et à quel niveau êtes-vous en mesure de faire une différence dans ce dossier ? Quelle est la situation dans le reste de la circonscription fédérale de Laurentides-Labelle ?

Les besoins de main-d’œuvre sont criants partout dans la circonscription et dans tous les secteurs d’activité. Un des moyens pour pallier cette situation est sans conteste de favoriser le recrutement et la rétention de travailleurs étrangers. Toutefois, les démarches administratives sont beaucoup trop lourdes, autant pour les entreprises que pour les travailleurs. Le Bloc Québécois propose plusieurs mesures simples qui réduiraient la paperasse et diminueraient les délais de traitement, notamment en cessant d’exiger des études d’impact sur le marché du travail (EIMT) chaque année, en revoyant à la hausse la durée des VISAS de travail ou en autorisant des permis de travail ouverts par secteur afin de faciliter la mobilité de la main-d’œuvre.

Vous dites que « la relance par les technologies et énergies propres est une occasion en or pour l’économie de nos régions » ? Quelles sont vos attentes à ce niveau dans votre circonscription ?

Les députés du Bloc Québécois et moi-même croyons fermement que la relance économique du Québec ne passe pas par la perpétuation de l’économie pétrolière, mais bien par l’investissement dans la transformation au Québec des richesses naturelles du Québec, la recherche et l’innovation dans nos institutions et le recours à notre énergie propre et renouvelable. Le développement économique axé sur la recherche et les technologies vertes continue de reposer sur la vision des Québécoises et des Québécois. Localement, nous avons pu constater le dynamisme d’un groupe d’entrepreneurs qui supportent un projet d’usine de bioproduits. Les initiatives de ce genre doivent être encouragées et soutenues par le gouvernement.

Vous estimez qu’« Ottawa instrumentalise la pandémie pour s’immiscer dans les juridictions du Québec ». À quel(s) niveau(x) et quelle sera la réplique du Bloc ?

Le discours du trône de monsieur de Trudeau est assez clair. Il souhaite s’ingérer dans les compétences du Québec, telles que les aînés, la santé et les services sociaux. En effet, tout comme le Conseil de la fédération canadienne, le Bloc Québécois réclame une hausse substantielle des transferts en santé, et ce, dès maintenant. Monsieur Legault disait le 18 septembre dernier : « Si on veut continuer d’offrir aux Québécois et aux Canadiens des services de santé de qualité, il faut que le gouvernement fédéral fasse enfin sa juste part ». Nous allons donc continuer de réclamer que le gouvernement fédéral ne s’ingère pas dans les compétences du Québec et lui transfère l’argent, et ce, sans condition, et que le Québec soit libre de dépenser l’argent dans les priorités établies par le gouvernement du Québec et l’Assemblée nationale.

Selon vous, le gouvernement de Justin Trudeau n’en fait pas assez pour « transformer les relations colonialistes qu’il entretient avec la Loi sur les Indiens ». Autour de la question de la chasse à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye, la tension a justement été très vive cet automne entre Anishinabe et chasseurs non autochtones. Qu’attendez-vous d’Ottawa dans ce dossier ?

En ce qui concerne ce conflit, c’est plutôt au gouvernement du Québec d’agir puisqu’il s’agit d’un différend sur la gestion du cheptel d’orignaux dans un parc national québécois. Le Bloc Québécois s’est engagé à de nombreuses reprises à être un allié des Premières Nations et des Inuits. En matière d’affaires autochtones, nous préconisons une approche de nation à nation. Nous croyons que la Loi sur les Indiens est une loi colonialiste et raciste et qu’il faut conclure des traités avec chaque nation pour éventuellement abolir cette loi pour la remplacer par un régime qui tient compte du droit inhérent de chaque nation à l’autonomie gouvernementale. Nous regrettons que cinq ans après son élection le gouvernement libéral de Justin Trudeau, malgré ses belles promesses, n’ait toujours pas mis en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et que plusieurs communautés autochtones n’aient toujours pas accès à l’eau potable. Lorsque viendra le temps de l’indépendance, les nations autochtones figureront parmi les peuples fondateurs d’un Québec souverain.

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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